‹ La Psychothérapie ReligieuseChapitre 7 sur 93 · Traité de pathologie mentale, p. 96r · texte numérisé non relu

Traité de pathologie mentale, p. 96r

RQ : Re

et théorique. Des recherches d'ordre thérapeutique visent au contraire à atteindre des résultats concrets et pratiques. C’est, croyons-nous, faire œuvre utile que de s’enquérir, pour les préciser et les vulgariser, des principes d’une méthode curatrice, quelle qu'elle soit. La seule véritable et importante question qui nous paraît reposer est celle-ci :

Le sentiment religieux possède-t-il une valeur thérapeutique et quelie en est la nature ?

Préciser sa nature ne sera point donner à notre tour dans une digression théorique, : ar la connaissance des principes peut seule #n p rme tre l'aprlication.

Même ainsi limité le sujet resle immense, hétérogène et rebattu et un travail proprement médical ne peut étudier et discuter tous les effets thérapeutiques attribués au sentiment religieux.

Nous avons sous les yeux un nombre considérable de cas d'épilepsie,d’affections cardiaques, de tuberculose, de goutte, de tumeurs blanches, de néoplasmes. de fractures, etc … aflirmés guéris par la prière, par la foi religieuse.

Il serait du plus haut intérêt de classer, d'analyser ces cas afin d’en fixer la véritable valeur.

Les résultats d’une enquête objective et impartiale seraient irrécusables. Mais qui déciderait si les faits de guérison

religieuse sont authentiques, si le mot religieux doit être

considéré comme synonyme de psychothérapique s'il désigne une manifestation indépendante de nos propres moyens d'action.

Une telle enquête est d'ailleurs absolument impossible | qui voudrait s’y prêter ? Les malades dont il s'agit répugnent généralement à voir un médecin et combien plus si ce dernier les examine — et il faudrait le faire à fond — non pour leur intérêt immédiat, mais dans un but purement

scientifique. Comment réunir les éléments nécessaires —

seules véritables preuves — examens de laboratoire, radiographies ; ceux qui ne voudront pas admettre les résultats pourront toujours invoquer une fraude, une supercherie ou une erreur. La précision absolue est ici inaccessible (x).

1. Même faite avec toutes les exigences requises, si elle concluait

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Aussi ne pouvons-nous pas retenir ici ces observations dont pas une ne serait à l’abri d'une critique, même bienveillante (1).

Après avoir éliminé les guérisons d’affections organiques — ce que l’on est convenu d'appeler les miracles — que reste-t-il? Des guérisons exclusivement morales. Nous les retiendrons seules. Seules en effet, elles se présentent comme des faits positifs, d'ordre expérimental, susceptibles de contrôle. Nous croyons possible d'examiner du point de vue scientifique la réalité et la valeur de la psychothérapie religieuse.

De plus, là et là seulement nous abordons le sentiment religieux, sentiment essentiellement moral, sur son propre et véritable terrain (2).

D'ailleurs nombre de neurologues etde psychiatres —nous allons en citer quelques-uns — préconisent l'intervention de cette psychothérapie pour le traitement des affections de l'esprit.

Les cas morbides que nous avons choisis sont bien justiciables d’une étude médicale, ils ressortissent à la psychothérapie. Quel est le domaine de cette dernière ? Pour Grasset ce sont les troubles que l’on peut guérir par «des moyens psychiques, en un mot par la pensée (3) ».

Nous faisons de la psychothérapie, disent MM. Camus et Pagniez, quand «nous agissons sur l’esprit malade ou

à la nécessité d’une explication spécifiquement religieuse cette enquête ne convaincrait pas ceux qui ne peulent pas être convaincus. « Ils ne se laisseront pas persuader, a dit Jésus-Christ, (Fvangile de Luc XVI-3r) quand même quelqu'un des morts ressusciterait. »

1. Nous négligerons pour les mêmes raisons, quoiqu'ils ne soient :

pas négligeables en eux-mêmes, les miracles de l'Ancien et du Nouveau Testament.

2. « Le fait proprement politique, le fait proprement éthique, le fait religieux se présentent à nous comme incommensurables à d’autres. Ce sont des faits premiers et nous ne sommes vraiment scientifiques qu’en les admettant comme tels. Nous avons à les étudier dans leur originalité et à dégager leurs lois d’une manière non rationnelle mais expérimentale. » Paul Bourget in Préface à Grasset, Les limites de la biologie, p. xv.

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