Ibid.,p
l'origine somatique est probable, je ne conserve dans ce groupe des psychonévrases, (dont il fait le traitement) que les affections où prédomine l'influence psychique, celles qui sont plus ou moins justiciables de la psychothérapie ; ce sont : la neurasthénie, l'hystérie, l’hystéro-neurasthénie, les formes légères d’hypochondrie et de mélancolie ; enfin on peut y faire rentrer certains états de déséquilibre plus graves, frisant la vésanie (1). »
Si les affections domine somatique sont see du traitement médicamenteux ou physique, si les névroses énumérées ci-dessus sont justiciables de la psychothérapie, de quoi sont justiciables les névroses non énumérées ? En tout cas pas des traitements par influence.
= « Est-ce à dire que l’on réussisse toujours, que tous ces névroses guérissent ? Hélas, non. Il y a de malheureux déséquilibrés qui n’ont pas de logique en tête... Il en est dont le capital d'énergie est absolument insuflisant et qui restent dans leur veulerie, alors même qu'ils ont compris et qu'ils n’ont plus rien à objecter. J'en ai vu dont le pessimisme est tel qu’il persiste pendant des années, quoiqu'ils vivent dans des conditions qui pourraient leur assurer le bonheur... Ce retour à l’optimisme est difficile chez les malades dont la vie est réellement troublée... Malheureusement il y a de nombreux déséquilibrés chez lesquels la tare est avant tout morale ; le sens moral leur manque absolument. On voit des jeunes hommes, intelligents du reste, capables de mener à bien leurs études, s'intéressant même à la discussion des problèmes de philosophie, et chez lesquels on constate l'absence de tout sentiment altruiste ; ce sont des natures de criminels. Ils sont tout aussi incurables que ceux chez lesquels l’amoralité s'accompagne de faiblesse intellectuelle et qui présentent des stigmates de dégénérescence. Le médecin reste impuissant devant ces fous moraux dont la conduite crée les situations les plus tragiques (2). »
Nous avons cherché à nous rendre compte de la valeur
1. Dubois, les Psychonév roses et leur traitement moral, p. 19. 2. Ibid., p. 519-521.
respective des différentes méthodes psychothérapiques et avons interrogé pour cela des auteurs compétents, peu suspects de partialité en faveur des méthodes strictement religieuses.
* Leurs réponses nous ont montré la valeur fort limitée de ces traitements. Les résultats acquis sont peu nombreux, souvent instables; les conditions d'application sont toujours délicates, parfois extrêmement difficiles de réaliser. Et enfin nous avons vu que ces traitements n’ont jamais été essayés, sauf sur les alcooliques, pour relever, régénérer les sujets que nous avons pris pour type des résultats de l'action religieuse.
« Le tableau des traitements psychothérapiques aujourd’hui en usage ne laisse pas que de paraître assez touffu et même un peu déconcertant » et cela probablement parce que «toutes ces méthodes sans exception meitent en œuvre
des éléments thérapeutiques précieux, mais elles pêchent
toutes par exclusivisme. La vraie psychothérapie doit être assez compréhensive pour ramasser et concentrer tous les moyens partiels d'influence (1) ».
Le fait que des auteurs fassent relever la psychothérapie religieuse à la fois de la suggestion, de la subconscience, de la liquidation morale, de l'éducation, de l'exitation et de la direction morale, ne montre-t-il pasleur opinion que cette psychothérapie emprunte en réalité des éléments aux diverses méthodes usuelles, et ne fait que réaliser une heureuse synthèse.
Nous ne croyons pas l’objection valable, Le sentiment religieux, amalgame de phénomènes de suggestion, de subconscience, etc..…, aurait donc plus de valeur que les divers éléments dont il se compose, pris isolément, Fairela critique, comme nous venons de le faire, de ces derniers reviendrait à dissocier le sentiment religieux en ses éléments constitutifs. Sa valeur serait-elle si grande si ses composants sont euxmêmes si limités, si faibles. Or, le sentiment religieux se montre plus puissant que les éléments dont on dit qu'il se
1. Revue des questions scientifiques, Bruxelles, 1920, p. 444.