Ibid.,p
l'absence d'un traitement « spécifique » la thérapeutique se borne à leur endroit à des moyens préventifs ou palliatifs tels que prophylaxie ou règlementation.
La difficulté du traitement moral des alcooliques est mise en relief par le D' Legrain.
« L'influence morale des sociétés de tempérance est inappréciable, ou ne saurait trop encourager l’extention.….
« Acceptons puisqu'il le faut la collaboration de l'influence religieuse dans la lutte contre l'alcoolisme, puisqu'elle forme presque l’unique moyen d'action de la plupart des sociétés de tempérance (1). \
« Est-il possible de se passer de l'asile ? A coup sûr, mais à deux conditions formelles dont l’une, difficile à réaliser, est la constitution d’un milieu abstinent immédiat,convaincu et persévérant, sous la direction d’un médecin expérimenté, lui-même abstinent ; et dont l'autre est l’incorporation dans un groupement de sauveteurs bénévoles qui se constituent gardes du corps et bons conseillers de l’infirme à guérir(2).….. La psychothérapie du buveur est une œuvre méthodique de longue haleine que seule peut comprendre et diriger un praticien qui s’est astreint à l'étude de l’alcoolisme sous ses aspects paramédicaux » (3). Ù
&Un alcoolique guéri, écrit Rogues de Fursac, et guéri depuis vingt ans, voilà là de quoi toucher un aliéniste. Ils sont légion les malheureux que j'ai vus conscients de leur déchéance, jurant et de la meilleure foi du monde, que c'est bien fini, et qu'ils ont bu leur dernière goutte d'alcool.
Hélas ! si quelqu un venait à moi et me demandait de trouver dans mes souvenirs des alcooliques définitivement guéris, je serais certainement aussi en peine qu'Abraham lorsque le Seigaeur lui demanda de trouver dix justes dans Sodome. Ce n'est certes pas que je n’aie vu beaucoup de « convertis, mais je n'en connais guère qui aient persévéré » (4).
1. Dr Legrain, Dégénérescence sociale et alcoolisme, p. 238 et 246.
2. Dr Legrain in Sergent, Ribadeau-Dumas, Babonneix, Traité de
patholog'ie médicale, t. XXII, p, 329.