Dubois, op. cit:, p
2. Brunetière, la Moralité de la doctrine évelutive, P. 7. 3. A. Vinet, Homilétique. Paris, 1853, p. 956.599.
SL AS = RE 7 + ie
nisme, cherchent à en extirper tout ce qui dépasse la raison humaine, à l'évider de ce quien constitue l'essence mème.
D'auire part, le Christianisme se présente comme un €ensemble de faits historiques ; dans de nombreux milieux théologiques ces faits sont ou niés, ou interprétés d’une façon absolument opposée aux documents originaux.
Ces deux constatations ne doivent-elles pas nous amener à suspecter l'authenticité de bien des conceptions du Christianisme qui, d’une part, ne portent le nom de chrétiennes que grâce à une frauduleuse et équivoque démarcation, et, d'autre part, ne produisent pas ces fruits qui, seuls, sont la marque et le critère de l'Evangile.
C'est une expérimentation objective et impartiale qui montre le sentiment religieux, tel que nous l'avons circons- “crit, posséder seul une efficacité thérapeutique inconstable et profonde.
Que l’on renverse les termes de notre proposition si on le veut, la conclusion sera la même si l’on dit, résumant les résultats acquis, que : seul est authentique et efficace le sentiment religieux qui éveille des sentiments d'action, de personnalité, de réalité, d'unité, de liberté, de confiance, de certitude, de clarté et de satisfaction ; qui,une fois ces sentiments éveillés, entraîne des actes complets, avec un plein succès, des décisions intégraiement exécutées, des actes assez conscients, assez voulus pour s'accomplir et se renouveler en présence de témoins et dans les circonstances qui rendent leur réalisation l: plus difficile et qui font de l'ancien malade un thérapeute, un apologiste enthousiaste et fécond de ia foi qui l'a guéri.
Nos définitions ne nous permettent d’exclure dans son ensemble aucune des grandes formes du Christianisme. Elles indiquent que dans chacune peuvent se trouver des milieux capables de produire des guérisons morales de haute valeur.
La rigueur de nos exigences établit la bien grande rareté des milieux qui y satisfont, Si nous ne nions pas l'existence d'un Christianisme authentique, nous constatons qu'il sc réduit à une bien minuscule Chambre haute.
Cette constatation ne nous émeut ni ne nous déconcerte. Le
Christ n’a-t-il pas appelé son peuple : « petit troupeau » (x) et l’apôtre dont une parole sert d’épigraphe à ce travail ne nous donne-t-il pas le mot de la fin : «tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés (x) ». Nous étonnerions-nous donc que ceux qui ont accepté de porter « l'opprobre du Christ », soient en réalité le petit, le bien petit nombre; on ne saurait vraiment leur tenir rigueur de n’avoir point exercé une plus vaste influence ; ce qui nous confond au contraire, ce sont les succès sans précédents auxquels ils sont arrivés. Cette véritable Eglise elle est « éternellement étrangère dans le monde malgré les apparences (car ce n'est pas elle mais son fantôme qui reçoit les hommages de la multitude), elle est sans cesse obligée de conquérir la place qu'elle occupe ; elle vit, si l’on ose ainsi parler, non d’un revenu assuré, mais du butin qu'elle fait au jour le jour; elle n’est pas établie dans le monde, elle y est campée ; son existence est toujours mise en question ; et tandis que tout homme, en venant au monde appartient à la société, aucun n'appartient d'avance à l'Eglise... (2)», et elle porte des fruits sans pareil, hors de toute proportion avec sa faiblesse apparente, Cette dernière remarque n'est-elle pas une preuve de plus à l'appui de notre thèse, que l’œuvre est ici plus grande que louvrier.