Il s’agissait très probablement de prières liturgiques
lerie, qu’il aimait à chanter les cantiques, qu’il ne compre- - naït rien aux sermons. Lorsqu'avant de sortir de prison il allait faire à l’aumônier la visite réglementaire, celui-ci lui adressait toujours la même phrase (que d’autres citent aussi) : (Eh bien ! je suppose que nous nous reverrons ici dans un ou deux mois ». Une fois il se retourna vers l’aumônier et dit : «Qui,et ce ne sera pas de votre faute si je n’y reviens pas pour toute ma vie » (1),
«Une seule fois D... eut avec un aumônier une conversation particulière. Etant sur le point de terminer un de ses nombreux séjours en prison, il fut trouver l’aumônier qui n'avait pas demandé à le voir, et le pria de lui faire obtenir l’équipement que la « Société d'assistance aux prisonniers» donne aux détenus libérés. L’aumônier le regarda, secoua la tête et répondit : & Ce n’est pas la peine, vous serez de nouveau ici dans quinze jours. »
« Comme le criminel dont nous avons déjà parlé, D..., sentit son sang bouillir, mais il se contint : « C’est un bon moyen de vous donner du cœur pour la route », dit-il en riant.Sile représentant dela religion avait pu le comprendre, il aurait senti que ce rire était sa propre condamnation...
«Je ne crois pas qu'aucun homme de bon sens puisse croire un-représentant officiel de la religion capable d'accomplir la régénération des prisonniers, tandis qu’il est vraisemblable de penser que des missions, conduites par des hommes qui auraient connu la souffrance et le repentir, pourraient, même dans une prison, faire de la religion un vivant et agissant régénérateur des âmes » (2). :
Il n’y à nulle exagération dans ces lignes.
Le Christianisme ne s’est montré puissant que lorsqu'il a été présenté d’une façon simple, populaire, vivante, comme une réalité immédiate qu'il faut saisir, dont il faut vivre. Les liturgies auxquelles on s’habitue et qui ne frappent ni le cœur ni même l'oreille, les dissertations philosophiques, les cérémonies pompeuses et vaines, n’ont jamais reconstitué une personnalité.
r. Harold Begbie, op. cit., p. 146.
a. Ibid., p. 183-184.
Dans les milieux où les actes et l'esprit sacramentels ont la priorité, nulle thérapeutique morale ne peut trouverplace.
D'ailleurs l'Histoire montre que c’est en dehors des cadres ecclésiastiques que les grands réveils, les grandes conquêtes s’iccomplissent ; l'Histoire justifie cette appréciation sévère, mais souvent juste, du professeur Dubois : «Il semble au premier abord qu'une morale avec sanctions et obligations, telle qu’elle résulte de l’idée religieuse, doit s'imposer plus facilement, plus rapidement et exercer sur les masses une influence éducative plus puissante.
« Depuis tantôt deux mille ans l'expérience est faite et le résultat n’est pas encourageant. Sans doute la morale du Christ reste la plus pure, la plus élevée..…., mais elle n’a eu dans le monde qu'un succès d’estime, et l'Eglise, loin de contribuer à la répandre, n’a réussi qu’à maintenir une mentalité pathologique où domine la tendance naturelle à la superstition et au fanatisme (1) ».
IE. — Le sentiment religieux ne compte des succès thérapeutiques que là où il revêt un caractère surnaturel
Cette condition paraît évidente, qui veut la fin veut les moyens. Comme le dit Brunetière : «il n’y a pas plus en bon français de morale sans obligation ni sanction qu ‘il ny a de religion sans surnaturel ; ce ne sont pas seulement des notions connexes, ce sont de expressions synonymes ». (2)
C'est aussi l’avis d’un penseur d’un autre bord : « La force de l'Evangile est de se montrer tel qu’il est, et tout ce qui le manifestera plus pleinement le rendra plus puissant ; et plus il se montrera humain, plus il sera humain, il n’a cessé d’être humain, c’est-à-dire harmonique à l’humanité, que quand l’homme, le dépouillant de sa couronne de miracles et de son voile de mystères, a prétendu le faire descendre jusqu’à lui ». (3)
Or ils sont nombreux ceux qui, représentants du Christia-