‹ La Ptose de l'Estomac et du DuodénumChapitre 27 sur 61 · DENT CE · texte numérisé non relu

DENT CE

A) Douleurs. — Quelle que soit l’origine, le malade souffre : ce détail vaut à lui seul d'attirer l’attention; il souffre en un point particulier qu’il précise au niveau de la ligne ombilico-xyphoïdienne, soit au milieu, soit vers le côté gauche, quelquefois même au-dessous de l’ombilie. IL ressent les irradiations douloureuses sous forme de picotements, de crampes, de pincements, vers le dos, de chaque côté de la colonne vertébrale, dans les lombes, dans le thorax, dans l’hypogastre, etc.

: Les douleurs surviennent après les repas; mais leur

horaire d’apparition, surtout de maximum d'intensité, est variable, irrégulier : tantôt de suite après l’ingestion des aliments, tañtôt une heure ou deux après le repas; c'est d'abord comme un poids qui pèse au creux épigastrique, une lourdeur; puis une sensation de crampe, de torsion, de

tiraillement plutôt que de brûlure où de plaie à vif. Gette

douleur persiste telle durant les heures qui suivent le repas, avec le même caractère ou prend une allure paroxystique. La nuit elle pourra réveiller le malade en proie à de violentes souffrances. (Nous verrons que cette forme douloureuse correspond à une gastropose irréductible, comme pour la. forme simulant l’ulcus juxtapylorique.)

Elle sera calmée dans le décubitus, et ne sera pas exacerbée par l’ingestion d’aliments acides.

: Les douleurs peuvent disparaître plusieurs jours et revenir sous la forme de crises à n'importe quel moment de la journée.

B) Vomissements.— Des vomissements survenant au milieu

de la crise soulageront le malade; c’est là aussiun symptôme

essentiel, dominant dans le tableau syndromatique de la tumeur pylorique. Toutefois, chezun gastroptosique, pourront apparaître aussi des vomissements abondants. Nous avons eu l’occasion d'examiner un malade il y a quatre ans, que noûs avons revu depuis en excellente santé, qui rejetait le matin à jeun les aliments de la veille, chez lequel on avait pu supposer un néoplasme de l'estomac; il avait une ptose très accentuée du pyloreet du duodénum en même temps qu'un abaissement marqué du bas-fond gastrique. Les troubles fonctionnels n'avaient pas disparu complètement, mais le malade fut particuliérement amélioré par un régime

EAN SRE

de vie physique sérieusement appliqué (gymnastique, massage abdominal), et par l’hygiène diététique. Il faut voir les ingesta au cas où le malade vomit car les

renseignements de ce dernier à ce sujet sont imprécis : ce

ne sont pas les petits vomissements alimentaires, salivaires, muqueux qu'on rencontre dans le cas de spasme pylorique d'origine ulcéreuse:ils peuvent être plus abondants, plus rares aussi, on retrouve dans les ingesta les aliments ingérés peu de temps auparavant; ils sont hyperchlorhydriques, surtout si les vomissements surviennent le matin à jeun. C'est alors le vomissement du 2° type de sténose pylorique qu'a individualisé Mathieu en s'appuyant sur les « maîtressymptômes de Germain Sée : Liquides à jeun, $tase alimen< taire modérée avec hypersécrétion chlorhydropeptique ». On ne retire de l'estomac que 1/3 de litre, 2/3 de litre.

Les détritus alimentaires sont finement divisés, méconnais-

sables le plus souvent à l'œil nu.

Le liquide est hyperacide (Mathieu).

Si le vomissement est couleur café au lait (Mathieu), marron, noirâtre, indiquant une hémorragie; si la réaction de

Weber est positive ou si la présence en grande quantité :

d'acide lactique est décelée dans le liquide de stase, le diagnostic de lésion intrinsèque cancéreuse est établi, Dans le cas contraire, l’investigation devra être poursuivie jusqu’à l’écran fluoroscopique:

IT. — Symprômes GÉNÉRAUX

Si l’on se souvient combien un certain nombre de mala-

des (surtout des vieillards) ne présentent guère pendant

toute la durée de la maladie que des symptômes de banale dyspepsie, des troubles vaso-moteurs imprécis; que d’autres ne présentent pas la teinte jaune paille carastéristique mais une paleur excessive rappelant plutôt l’anémie (forme anémique de Hayem) ; que chez certains l’amaigrissement survient tardivement ainsi que l’anorexie, on comprendra comment la gastro-pyloroptose accentuée ne s’accompagnant pas de ces symptômes généraux caractéristiques du cancer d’estomac, poura simuler dans certains cas la sténose néoplasique.

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