SCÈNE ONZIÈME i
FRIDOLIN
11 a froid. . . Chauffez -vous donc !
RATABOUR.
Que je me chauffe!... (a part). Du calme!... mon avoué m'a dit que je n'avais pas assez de preuves... qu'il lui fallait toute la correspondance des coupables!... Du calme... J'ai affaire à des malins!... Ils sont forts!... ah! ils sont forts! ils sont bien forts !
FRIDOLIN
Et, du reste, vous vous êtes toujours bien porté ?
Parfaitement !
FRIDOLIN
Je viens pour ma leçon, vous savez... Je manque de fion dans le cavalier seul... Faut me zinguer ça.
RATABOUR;
Oni... je tâcherai... (PridoUn retourne à la fenêtre. RaUboar tenant toDjours sa bûche.) Que va-t-il faire encore à cette fenêtre? Cacher son trouble sans doute. Il se fait appeler Fridolin ! C'est un sobriquet... On ne s'appelle pas Fndolin ! On s'appelle Pichon, Robert, Dubourg, Ducluzaux, Bernard, Girard, Renard ! au besoin, on s'appelle Voltaire.... mais Fridolin!... jamais de la vie.
FRIDOLIN, le regardant.
Qu'est-ce qu'il a donc?
RATABOUR, à lai-même.
Tu t'appelles Arthur Corniquet, scélérat, et tu es le cousin de ma femme! Voilà ce que tu es! Brrr !...
Il regrince.
FRIDOLIN
Mais chauffez-vous donc!... avec votre bûche !
RATABOUR. ■
Oui, cher monsieur Fridolin... (inslsunt.) Cher monsieur Fridolin! (Frappant sur sa bûche.) Coupé à Nogent... île de
Beauté!... sur Marne... île de Beauté... Nogent... Nous avons le Rotrou, mais c'est Nogent-sur-Marne.
FRIDOLIN, indifféremment.
J'entends bien I
RATABOUR, à part.
Il ne se trahi t. pas!... Il est fort!... il est bien fort!... mais trahis-toi donc, brigand !
II fait le geste de Ini donner un coup de pied et lève la bûche en l'air.
Fridolm se retourne. Ratabonr prend un visage souriant et se met à
chantonner en marchant.
FRIDOLIN
Eh bien, et ma leçon ?