‹ La pucelle de Belleville (volume 2)Chapitre 24 sur 28 · IV. i · texte numérisé non relu

IV. i

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* veux-âonc ? — Je veui dire cela i tout le

■ monde.... partout!... Je reux que tout

■ BelleTÏile le sache dans cinq minutes ! a Et H. Troupeau ouvre les deux fenêtres

du saloD , et il se met à crier de noureau :

n Notre fille sera comtesse t ■ et il regarde s'il passe du monde'dans la rue , et comme il n'y Toit personne il prend son chapeau et sort pour rendre partout cette grande nouvelle. Il va la dire A M. Renard , il va la dire à toutes ses connaissances; il n'oublie pas M. Tir, auquel il dit : « Je veux donner

■ des fttes magnifiques pour célébrer ce

• mariage , je compte sur vous pour les feux n d'artifice. — Je vous ferai un soleil qui

» durera trois quarts d'heure! — Oh!

n mon ami! je veux mieux que cela 1... On u a tant vu de soleils en artifice !.... — Eh n bien! je voua ferai une lune. — A la bonn« B heure ! une lune avec les noms des épous H et leurs titres dans le milieu. •>

Dans sa joie , IS. Troupeau oubliant que ses relations ont cessé avec Vauxdoré, se rend chez son ancien ami et lui apprend-

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DE BKU.KTn.LK. I7S

qae sa fille ti épouser le comte de Senne- TÎUe. Vauxdoré fait complitneat à M. Troupeau de ce mariage , mais il reiîise l'invitation qui lui e»t faite d'y assister. Depuis que sa nièce a quitté sa maison , il n'a pas eu de ses nouvelles , et se reprochant toujours d'avoir été trop dur à son égard, Vausdoré Ëonserre au fond de son cœur des regrets qu'il ne peut surmonter.

Les parens de Vii^nie n'ont qu'une crainte , c'est que leur fille ne change de résolution avant l'arri fée de son futur époux; mais Vilenie a pris son parti , et quoique au fond du cœur elle souffre encore , elle s'efforce de montrer sa gaieté d'autrefois.

La famille Troupeau voudrait bien savoir oe qui a pu brouiller Virginie et Auguste IHontreville; on ftit mille questions  Baisemon au sujet du voyage de Virginie à Paris.

Mais Baisemon ue peut que répondre : •• Je » suis resté dans la voiture et nous avons M été deux fois chez la couturière. ■ Alors M. Troupeau s'écrie : ■ Qu'importe coroi> ment cela s'est fait!... Le principal c'est » que notre fille ne varie plus. >•

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I7ft Ll KICELLI

le comte de Senneville est eiact , pour la première fois de sa vie ; il arrive à Belles ville le jour qu!il a indiqué ; mais il ne possédait plus un sou; it arait achevé de manger sa terre en Touraîne , et il était temps qu'un bon mariage Tint lui donner une nouvelle fortune.

M. de Senneviire est reçu avec enthousiasme par la famille Troupeau ; Vilenie seule n'en montre pas, et loin de paraître glorieuse d'épouser le comte , elle prend d'abord avec lui un petit air de fierté qui semble lui dire que c'est lui qui iloit s'estimer heureux d'obtenir sa main. Le comte avait trop de finesse pour ne pomt comprendre la jeune fîllej mais loin de paraître fâché du changement qui s'est opéré en elle, il en témoigne le plus vif plaisir.

u Je croyais' épouser un ange, " dit-il k Troupeau , » je'vois que vous me donnez un K démon de malice et d'esprit ; j'en suis en- ■ chanté : en fait de femmes j'aime mieux n les démons que les anges. »

Virginie présente en aouriaat sa main au

eomte , qui la porte à ses lèvres , tandis que Troupeau dit à sa femme : « Noire fille est.

■ un être Extraordinaire ! Elle nous en-

H fonce tous.

» — Et ces coquillages que vous deviez « nous apporter? « dit Vii^înie au comte, —

■ Perdus! Brisés, cassés en route !... Jen'ai ». sauvé que celui-ci et je tous l'offre, ma- 9 demoiselle , à coaditioo que vous me le » rendrez le soir de nos noces, b

Le comte avait sorti de sa poche un de ces beaux coquillages que l'on a baptisés d'un très-joli nom. Il le présente à sa future qui le reçoit en baissant les yeux.

■ — C'est une métaphore , » dit Baisemon à Troupeau. <> — C'est extrêmement déli- « cat!

Le mariage est fixé à quinze jours plus tard. Hais il est décidé que le fesiia se donnera à Paris, chez Grignoa.carM. le comte ne veut pas se marier à l'Ile-d'Amour, et la famille Troupeau sent que ce n'est pas trop de Paris^ pour une si belle fête. Malheureusement à Paris on ne pourra pas tirer le feu

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d'artifice préparé par M. Tir. Mais, pour consoler l'artificier amateur, Troupeau lui promet de donner à Belletille une fête où le feu d'artifice commencera à midi.

On a fait de nouvelles înTÎtations ; Troupeau dit i SA femme : « Si quelques-unes de s nos connaissances allaient se tromper et ■ appeler notre fille madame MootreTilIe...

<• comme il y avait sur les précédentes invi- D talions!

„ — Me craignez rien , mon père, ■ dit Virf^nie, «i cela n'arrivera pas, et d'ailleurs n je TOUS réponds que M. le comte ne ferait n pas attention à cela... A propos, il y a d^x » personnes que tous voudrez bien ne pas n oublier d'inviter. — Qui donc, ma fille?

n — M. Ledoui et M. Godibert, le neveu B de M. Vauxdoré. — Comment! ma fille, 1» tu veux.,.. — Qu'ils viennent à ma noce , H oui mon père , ce sont deux jeunes gens » fijrt aimables..-. Je les présenterai à mon » mari; il m'a déjà dit que tous mes amis * seraient les siens. ■«

Troupeau ne résiste plus aux volontés de

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sa fille ; les deux lettres d'invitatioii sont envoyées aux jeunes gens dont il parvient à se procurer l'adresse.

Virginie ne s'occupe pas que des lettres d'invitation, sa petite tète quelquefois si folle, si légère, enfante aussi des idées fort Tsisonnables. Elle devine que le comte de SenoeTille ne l'épouse que pour la fortune.

Hais elle ne veut pas que son mari puisse un jour la ruiner et nie lui laisser que le titre de comtesse- Pour prévenir cela, elle se fait conduire par Baisemon chez le notaire ^i doit rédiger son contrat. Elle lui explique ses intentions , qui sont d'abandonner sa dot au comte, pour qu'il dégage sa terre, mais de l'empêcher de toucher à la fortune que lui donne sa tante. Le notaire est tout surpris de voir qu'une jeune fille a plus d'esprit et de prévoyance que ses patens ; il lui promet de rédiger l'acte de manière à ce qu'elle soit toujours la maîtresse de son bien.

Pendant l'interralle qui s'écoule entre le retour du comte et son mariage, Auguste

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MoDtreTÏIle a épousé Adrienne. Les jeones époux se sont installés à Paris dans un joli

' petit appartement. Tout au bonheur d'être père et de posséder une femme qui l'adore, Auguste ne regrette pas le riche mariage qu'il a été sur le point de faire; il se trouTe plus heureux depuis que 3a conscience ne lui reproche rien , et it passe gaiement sa ne entre les arts, l'amour et l'amitié ; car l'oncle Vauxdoré a été instruit du inariage de sa nièce, et il rient souTent prendre parti son bonheur.

La veille du jour qui doit l'unir à mademoiselle Troupeau, le comte se rend k Bel-

- leville^our signer le contrat, dont auparavant on lui a fait la lecture. H. de SenneTÏUe fait une légère grimace lorsqu'il entend les clauses du contrat, qui l'empêcheront de disposer du bien de sa femme.

u Comment, mon cher Troupeau, » s'écrie-t-il, « se défierait-on de moi?.... j'ap- » porte à votre fille ma noblesse, ellem'api> porte ses écus ; tout ne doit-il pas être B commun' entre nous?

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» —C'est juste, >■ dit Tronpcau, « et je û^B'ariiJs pes dit A M. le notaire de.>.

^ II.-:;.' non père, i» dit Virginie, en interromptint' Troupeau, ■ c'est moî qui suia »'<attée:dMzH.' le'QOtairei, te prier' de ré-'

■ dig>Hr l'nete d« mtte maDièrc. Si cela * d^stt! à M. dé Senneville , il est libre

■ encore de ne pas mefôîre cotuteséé ; mais •> s'il m'aimê un peu pour moi , il àpproun vera use précaution qui n'a pour but que « d'assurer notre avenir. i>

Troupeau sent un frisson parcourir tout son coips ; car il voit encore le moment où sa fille ne sera pas comtesse ; mais M. de Senneville a déji repris son air aimable ; il Ta baiser la main de Virginie , en lui disent : " Il feut faire tout ce que- vous voulez ; n je me mets à votre discrétion. — Monsieur » le comte, » répond Virginie, » c'est le n meilleur moyen pour que' je vous rende " heureuï. »

,£afiu le soleil éclaire ce grand jour , qui doit voir Virginie décorée du litre de comtesse deSenneTiUe. - '

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