LES AMANTS. L IVROGNE
11 est encore loin de minuit, malgré cela, Adolphe se rend près de la demeure d'Eugénie; il s'arrête de loin : Bidois ferme la boutique. Bientôt on se retirera, on s'endormira, et Jeanneton l'introduira. La boutique est fermée, il peut se rapprocher, il ne craint pas d'être aperçu. Mais quelqu'un sort de chez M Moutonnet Adolphe se tient à l'écart et
observe.' C'est un mon-
I^W'i''''! 1 ' I )j 1 f sieur : à sa tournure, au
sonde ses breloques.
Adolphe a reconnu Dupont. C'est son rival qui vient sans doute de s'occuper de son prochain mariage. Cette idée exaspère le jeune homme : il court sur les pas de l'épicier, il est prêt à lui parler, à l'arrêter... il ne sait pas trop ce qu'il lui dira, mais il sait bien qu'il lui défendra d'épouser Eui;énie.
Mais la réilcxion le retient : c'est dans une heuiv qu'il doit voir celle qu'il aime et chercher avec elle les moyens d'empêcher Adolphe a reconnu monaieur Dupont. ^^,^ hymen ; pourquoi, par
une scène inutile, donner maintenant l'éveil à Dupont? .\on, 11 faut altendre, il s?ra toujours temps de lui chercher querelle si l'on ne trouve pas d'autre expédient.
Adolphe s'arrête donc en regardant Dupont s'éloigner, eu se disant: — Tu ne jouiras pas du bonheur que tu le promets.
M. DUPONT
Us courent dans les bras l'un de l'autre. (P. 746).
Mais Adolphe se trompait en croyant que son rival songeait alors à Eugénie; Dupont ne pensait qu'à un achat considérable de sucre brut qu'il était sur le point de terminer.
Notre amoiu'cux revient dans la maison où il brûle d'entrer. L'heure s'avance, les passants deviennent plus rares, ks carosses se font moins entendre, c'est le seul moment où l'on goûte un pou de calme dans un quartier aussi populeux.