LIV. 100. — PAUL DE KOCK. — ÉD. J. ROfFF ET C'». LIV
infiniment de jeunes commerçants... et il a d'ailleurs dans sa boutique deux garçons qui dansent, dit-on, comme des Hercules.
— Comme Eugénie va s'en donner ! dit M. Moutonnet ; cette chère enfant qui aime tant la danse !...
— Taisez-vous, monsieur Moutonnet, vous ne dites que des bêtises.
— Peut-on savoir où se fera la noce, madame, demande Bidois d'un air timide et gracieux.
— A la barrière des Martyrs, chez un traiteur du premier ordre, qui a un salon de cent couverts, dans lequel on peut faire deux contredanses très à Taise. Dupont avait d'abord pensé au Cadran Bleu, mais je lui aj fait sentir que nous serions écorchés ; c'eût été une véritable folie... Il a ensuite songé à ce traiteur, qui est de ses amis, et qu'il fournit depuis longtemps...
— N'est-ce pas à la Belle-en-cuisses : ma femme?
— Non, monsieur, il n'est pas question de belles cuisses ; d'ailleurs, quand vous y serez, vous le verrez.
— Ohl je sais., je sais, dit Bidois, qui n'y avait jamais été ; je Aois ce que c'est, je le connais? c'est un excellent traiteur... le Véry de ce quartier-là...
— Précisément, Bidois.
— Diable!... alors, ma femme, il faudra demander du potage aux croûtons... ilya qninze ans que vous m'en promettez...
— C'est bon; vous ne songez qu'à manger...
— M'amour, quelles sont nos connaissances qui vont à la noce ?
— Ne vous mêlez pas de cela ; j'ai fait mes invitations : songez plutôt à votre toilette de demain; j'espère, monsieur, qu'elle sera digne de la circonstance.
— Oui, ma belle.
— Et vous, Bidois?
— Madame, mon habit noir a six ans, à la vérité, mais comme je ne le mets qu'au jour de l'an et aux fêtes extraordinaires, il est encore tout neuf.
— C'est très bien. Que l'on soit prêt de bonne heure. Demain, par extraordinaire, la boutique sera fermée.