XX NOTICE SUR LE POEME DE L\ PLCKLLE
Parmi les améliorations que nous avons introduites ou adoptées, la plus remarquable est celle que l'on doit à Palissot, écrivain d'un jugement sûr et dont l'opinion est d'une grande autorité. Il remarqua avec raison que Voltaire , tout occupé « des bouleversemens qu'il fut obligé de faire à son poëme,» ne s'étoit pas aperçu que , dans son xv^ chant, il enlevait plus de quatre-vingts vers (ce qui arrive à la belle Agnès et à ses compagnons de voyage ) , quoiqu'il eût témoigné , par cette partie même de son argument, l'intention où il était de conserver ce passage important dont l'absence, dans toutes les nouvelles éditions autres que celle de Palissot et la j nôtre, occasionne une lacune qui interrompt le fil des événemens, et prive en quelque sorte le lecteur d'un fragment considérable où se trouvent de très beaux vers.
Dans l'état où nous offrons enfin le beau poëme de la P ne elle , nous croyons et nous espérons que les honnêtes gens y trouveront quelques améliorations utiles. C'est un hommage qu'il nous est doux de leur rendre ainsi qu'au grand homme qui, pour l'instruction du genre humain et le plaisir des esprits bien faits, alluma le fanal le plus éclatant qui ait jamais lui chez aucun peuple, et contre la durée duquel ne sauraient jamais prévaloir ni les ténèbres de l'ignorance, ni la mauvaise foi de l'hypocrisie, ni les rugissemens du fanatisme, ni même la faux dévorante de Saturne.
Louis DU BOIS.