V. 38o; édition de
Trop de péril suit ce charme flatteur.
Je me tairai , n'en déplaise au lecteur.
O Rambouillet , asile du mystère !
Meudou , Cboisi , réduits délicieux ,
Que les Plaisirs , les Amours et les Jeux
Ont si souvent préférés à Cy tbère ,
Sur vos secrets , censurés par Lignière *,
Et respectés de son prudent recteur,
Ma cbaste muse est forcée à se taire.
Le temps présent est l'arche du Seigneur ;
Qui la touchait d'une main ti'op hardie,
Puni du ciel, tombait en léthargie.
Je me tairai. 3Iais si j'osais pourtant,
* Lignière était un jésuite, confesseur de Louis XV, mais ronf».ss«;ir heureusement moins connu rjne Le Tellier et La rbaisc.
DU CIIA>'T XIII. 345
O des heautés aujourd'hui la plus belle!
O tendre objet, noble, simple, touchant !
O potelée et douce La ïournelle * !
Si j'osais mettre à vos genoux charnus
Ce grain d'encens que l'on doit à Vénus ;
Si je chantais cette haute fortune,
L'objet des vœux de Flavacourt la brune ** ;
Si je chantais ce tendre et doux lien ,
Ce nœud si cher quoique si peu chrétien ,
Formé, béni par la vieille éminence.
Maudit, rompu par ce prélat bigot,
Et resserré ])ar ce grand roi de France,
Malgré l'avis et les sermons d'un sot;
Si de l'Amour je déployais les armes,
Si je disais... non , je ne dirai mot ;
Je serais trop au dessous de vos charmes.
' Madame de La Tournelle, née JMailli, prit le titre de duchesse de Cbâteaaroux, en acceptant la place de maîtresse du roi. Elle était d'une beauté singulière. On sait avec quelle rudesse de zèle l'évèque de Soissons , Fitz-James, petit -fils de mademoiselle Churchill, maîtresse de Jacques II, traita une femme qui avait en France la même dignité que sa grand'mere avait eue en Angleterre.
Cet évoque étaiî un homme simple, tolérant, bon et sans intrigue; mais par là même très propre à se rendre, sans le savoir, l'instrument des intrigans.de la cour. On lui fit accroire qu'il était obligé en conscience de forcer le roi à traiter sa maîtresse avec une ris;ueur à peine excusable s'il eiit été question de chasser de la cour nn ministre qui aurait trahi l'état ou corrompu le monarque.
Madame de Chàteanroux fut rappelée bientôt après; le roi envoya chez elle nn ministre d'état (M. le comte de Maurepas, son ennemi) la prier de sa part de vouloir bien reprendre ses places à la cour. Elle tomba malade le jonr même, et mourut. On attribua sa mort aux violentes émotions qu'elle avait éprouvées. Dans le moment de sa faveur, on se déchaîna contre elle, comme c'est l'usage. « La pauvre femme! disait un « de ses amis, elle n'est qu'à plaindre; c'est une tuile qui lui est tombée •< sur la tète. » Il avait raison : la faveur ne valut à madame de Châteauroux que de la contrainte, des chagrins et une mort prématurée.
** Madame de Flavacourt était sœur de madame de Chàlenuroux. On |)rétendail qu'elle aspirait à la même place; et les courtisans attrilmalent à ses vues ambitieuses la résistance qu'elle avait opposée an goùl passager dn roi.
Dans son extase enfin le moine noir Vit à plaisir ce que je n'ose voir.
D'un œil avide, et toujours très modeste. Il contemplait le spectacle céleste De tous ces rois accouplés bout à bout : Charles second sur la belle Portsmouth ; George second sur la tendre Yarmouth ; Et ce dévot roi de Lusitanie En priant Dieu se pâmant sur sa mie; Et ce Victor, attrapé tour à tour * Par son orgueil , par son fils, par l'amour. Mais , quand au bout de l'auguste enfilage Il aperçut, entre Iris et son page, Perçant un cul qu'il serrait des deux mains, Cet auteur roi , si dur et si bizarre, Que dans le Nord on admire, on compare A Salomon , ainsi que les Germains Leur empereur au César des Romains ** : . Hélas ! dit-il, etc.