V. 4^5; édition de
Le fier Anglais dans ses droits de conquête. Chandos , su<int, et soufflant comme un bœuf, Cherche du doigt si l'autre est une fîlle : « Au diable soit, dit-il, la sotte aiguille ! » Bientôt le diable emporte l'étui neuf; Il veut encor secouer sa guenille.
Jeanne échappant , etc.
On reconnaît encore ici les vers du capucin. Les lecteurs qui ont du goût distingueront sans peine tous ces erabellissemens étrangers; nous nous dispenserons d'en faire aussi souvent la remarque.
CHANT QUATORZIEME
V. 43 ; édition de 1756 , après ce vers venaient les suivans :
Tendre Venus , c'est par un muletier
Que tu formas le cœur de Corisandre.
Depuis ce jour, douce, avisée et tendre,
A tes autels prompte à sacrifier.
Elle sut plaire, et jouir, et se rendie
A tous les nœuds dignes de la lier.
Ainsi l'on volt un artisan grossier
Tourner, polir, d'une main rude et noire,
L'or, le rubis , et le jaspe et l'ivoire
Dont se pavane un brillant chevalier.
Aux beaux Français, dont la troupe aguerrie
Unit l'audace à la galanterie.
Au possesseur du bon sens de Bonneau ,
La belle fait les honneurs du château ,
Et puis conclut un accord pacifique
Entre Chariot et Chandos le cynique.
^\\e obtint d'eux , etc.
Ces vers se rapportent à l'épisode de Corisandre, cjue
nous avons placé à la suite des variantes de ce quatorzième
chant, et qui, dans l'édition de i/SG, précédait la mort de
Chandos.
Ce même chant quatorzième, qui était alors le quinzième, et qui, comme on l'a dit, suivant le chant de Corisandre, commençait ainsi dans quelques éditions :
O volupté, mère de la natme,
Belle Vénus, seule divinité
Que dans la Grèce invoquait Epicure,
Qui, du chaos chassant la nuit obscure,
Donnes la vie et la fécondité,
Le sentiment et la félicité,
A cette foule innombrable, agissante.
D'êtres mortels à ta voix renaissante ;
Toi que l'on peint désarmant dans tes bras
Le dieu du ciel et le dieu de la guerre,
Qui d'un sourire écartes le tonnerre,
Calmes les flots, fais naître sous tes pas
Tous les plaisirs qui consolent la terre;
Tendre Vénus, c'est par tm muletier
Que tu formas l'esprit de Corisandre :
Depuis ce jour, spirituelle et tendre ,
A tes autels prompte à sacrifier.
Son cœur instruit ne se laissa plus prendre
Que dans des nœuds dignes de la lier.
Ainsi l'on voit un artisan grossier
Tourner, polir, d'une main rude et noire ,
L'or, le rubis, et le jaspe et l'ivoire ,
Que porte ensuite un galant chevalier.
D'un air modeste et mêlé d'assurance ,
Noble , engageant , poli , respectueux ,
Elle reçoit le monarque de France.
Un feu charmant anime ses beaux yeux ;
Les grâces sont dans sa démarche leste,
Dans son maintien, dans son ris, dans son geste;
Puis ayant fait les honneurs du château
Au possesseur du bon sens de Bonneau ,
Aux beaux Français dont la troupe aguerrie
Unit l'audace à la galanterie ,
Sur les Anglais elle étendit ses soins,
Selon leurs goûts , leurs mœurs et leurs besoins.
Un gros rostbeef que le beurre assaisonne.
Des plum-puddings, des vins de la Garonne ,
Leur sont offerts ; et les mets plus exquis,
Les ragoûts fins dont le jus pique et flatte,
Et les perdrix à jambe d'écnrlate,
Sont pour le roi, les belles, les marquis.
Elle fît plus : son heureuse entremise
Sut ménager avec douce accortise
Les deux partis, obtint que chacun d'eux
Mettant à part sa folie héroïque.
Fît de chez elle un départ pacifique,
A droite, à gauche , et la Loire entre deux.
Sans nul reproche et sans forfanterie ,
Selon les lois de la chevalerie.
Le preux Chandos, suivant les mêmes lois.
Sur son beau page a repris son empire;
Charle et Chandos sont rentrés dans leurs droits.
Agnès Sorel-tout doucement goupire;
Son tendre cœur, près du plus grand des rois,
Du page heureux se souvient quelquefois ,
Toujours docile au roi qui toujours l'aime.
Heureux ceux-là qu'on jieut tromper de même !
Quand le château fut bien débarrassé
Du grand dégât qu'avaient fait de tels hôtes,
La belle alors n'eut rien de plus pressé
Que de songer à réparer ses fautes.
Elle appela les plus jeunes amans
Qui, l'ayant vue, avaient couru les champs.
Le dieu d'amour voulut une vengeance;
Elle honora d'un choix plein de prudence
Un bachelier beau, bien fait, et dispos;
Mais revenons, lecteurs, à nos héros.
Le roi des Francs avec sa garde bleue, etc.
\. 85. * Elle descend, se détrousse, entre vite.