‹ La PucelleChapitre 7 sur 210 · DE L EDITION DE KEHL. J · texte numérisé non relu

DE L EDITION DE KEHL. J

poëme , ont eu soin de rassembler les variantes , ce qui nous a obligés de prendre le même parti dans celte- édition. Cependant, comme parmi ces variantes il en est quelcjues unes qu'il est impossible de regretter, rpii ne peuvent appartenir à M. de Voltaire , et qui ont été -ajoutées par les éditeurs pour remplir les lacunes des morceaux que l'auteur n'avait pas achevés , nous avons cru pouvoir les supprimer, du moins en partie.

L'impossibilité d'anéantir ce qui a été imprimé tant de fois, et la nécessité de prouver aux lecteurs les interpolations des premiers éditeurs, sont les seuls motifs qui nous aient engagés à consener un certain nombre de ces variantes.

Il nous reste maintenant à défendre la Pucelle contre les hommes graves qui pardonnent beaucoup moins à M. de Voltaire d'avoir ri aux dépens de Jeanne d'Arc qu'à Pierre Cauchon , évéque de Beauvais , de l'avoir fait brûler vive.

Il nous paraît qu'il n'y a que deux espèces d'ouvrages qui puissent nuire aux mœurs : i° ceux où l'on établirait que les hommes peuvent se permettre sans scrupule et sans honte les crimes relatifs aux mœurs, tels que le viol, le rapt, l'adultère, la séduction, ou des actions honteuses et dégoûtantes qui, sans être des crimes, avilissent ceux qui les commettent; 2° les ouvrages oti l'on détaille certains raffinemens de débauche, certaines bizarreries des imaginations libertines.

Ces ouvrages peuvent être pernicieux, parce qu'il est à craindre qu'ils ne rendent les jeunes gens, qui les lisent avec avidité, insensibles aux plaisirs honnêtes, à la douce et pure volupté qui naît de la nature.

Or, il n'y a rien dans la Pucelle qui puisse mériter aucun de ces reproches. Les peintures voluptueuses des amours d'Agnès et de Dorothée peuvent amuser l'imagination , et non la corrompre. Les plaisanteries plus libres dont l'ouvrage est semé ne sont ni l'apologie des actions qu'elles pei-

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