La Pupille du colonel
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Li PUPILLE DU COLONEL
CIIAPITIIR PREMIER
Une journée superbe...
C'était le 28 juillot.
Je précise la date, parce qu'elle devait mar quer dans la vie de Genoviè'/e de Dourliac... Le monde, le vaste monde s'ouvrait devant elle.
Quand je dis vaste, c'est au fig-uré; ce qu'elle en vit, lorsque les lourds battants de la porte du couvent s'écarteront, ce fut la rue étroite et tortueuse, bordée de hautes maisons naussades, et l'omnibus de son beau-frère, sur lequel on avait déjà charg^é sa malle. Mais l'omnibus et ses deux postiers bai-brun représentaient justement l'au-delà du vieil enclos, de la petite ville, de l'existence non pas sans douceur, mais mon(;tone et bornée.
Geneviève ou Véfa, comme la nommaient
familièrement ses amies, ne savait pas dissimuler ses impressions. Elle riait et pleurait à la tois; elle regrettait bien les iMères et ses compag^nes, mais elle était contente de commencer à vivre pour son compte...
Elle s'installa dans l'omnibus. Sa robe de pensionnaire lui sembla plus fanée et plus étriquée sur les coussins de maroquin vert. Elle se "n parut à elle-même plus petite, seule dans cette élégante voiture, et elle éprouva une certaine confusion quand le domestique vint tète nue à la portière, demander si Mademoiselle était prête à partir.
Mademoiselle était prête.
Elle envoya un dernier baiser à la tourière, se pencha à la portière pour voir jusqu'au bout Me la rue les vieilles murailles grises, puis ses armes s'arrêtèrent d'elles-mêmes. Elle fit alors lin tampon de son mouchoir, souffla dessus, car était mouillé de pleurs, et se l'appliqua deux u trois fois sur les yeux, à la manière des pensionnaires.
La voiture était douce, et dillérait singulièrement des carrioles suspendues dans lesquelles | les élèves du couvent s'entassaient pour aller enl partie, les jours de grand congé. Le mouvement
rapide était délicieux. On dépassa les rangées de maisons, puis les petites villas du faubourg, et Véfa aspira avec délices l'air de la campagne opulente, toute dorée sous le ciel bleuet le brillant soleil.
Les blés étaient coupés, mais çà et là des gerbes lourdes se dressaient en files dans les champs. Des coquelicots et de grandes pâquerettes repoussaient dans le chaume ; aux haies, les ronces se piquaient de migres, semblables à des perles de jais, et dans le lointain, sur les collines, des masses de bois d'un vert foncé donnaient une impression de fraîcheur.
Véfa aurait voulu descendre, cueillir les mûres, et les pâquerettes, et les épis oubliés sur les sillons. Elle avait des visions riantes, des jours ouverts sur sa nouvelle existence. Habite^ia campagne l'été, Patis l'hiver, mener, pour le moment, la vie de château, différait très agréablement du régime de la pension. Enfin, elle était profondément heureuse de revoir sa sœur Isal^elle et son petit neveu...
Car elle ne le connaissait pas, ce cher bébé tant aimé d'avance... Un petit froid la mordit au cœur en pensant que depuis trois ans elle n'était oas allée eti vacances. .. Isabelle voyageak.., Ohl
il est naturel qu'un jeune mari n'aime pas une étrangère dans l'intimité de la lune de miel, et pour Georges Rallière, elle n'était pas autre ^hose qu'une étrangère. Cependant, elle aurait été si discrète ! Elle aurait joui si doucement, en silence, de cette belle nature, de ces pays nou- Iveaux, heureuse de se sentir près de son unique sœur!...
Le trajet était long, de la ville au château de Georges. Sans savoir comment, Véfase plongea dans le passé et revécut sa vie...
D'abord, l'inoubliable charme de la maison de son grand-psre, si animée dans le milieu militaire qui avait toujours été familier à elle et à sa sœur. Elle était encore très jeune quand elle avait perdu ses parents. Avec le temps, la douleur de leur perte s'était changée en mélancolie pour sa grand'mère. Mme de Dourliac était arrivée à parler d'eux sans pleurer, avec une espèce de douceur, les rendant familiers à ses petites-filles par les souvenirs qu'elle aimait à évoquer. Isabelle et Geneviève étaient vraiment les filles du régiment : Geneviève, une bambine qu'on comblait de bonbons, Isabelle, une jeune fille jolie dont tous les lieutenants et les sous-« lieutenants étaient amoureux. Le général de
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Dourliac aimait à recevoir; il y avait toujours des uniformes dans le vieux salon confortable, et sa femme était la grâce môme, encore jolie sous les ondes légères de ses cheveux blancs...
Puis cette catastrophe, la chute de cheval du général, la fin soudaine de tout; — la pauvre grand'mère déclinant et s'en allant l'hiver d'a^ près, et les deux jeunes filles restant seules, pauvres, abandonnées, rejetées comme de la monnaie qui n'a pas cours, de l'un à l'autre de leurs parents éloignés...
Dans le sombre tableau de ces jours de deuil, Véfa revoyait une figure frappante, se détachant sur un fond troublé avec une netteté de médaille : le colonel Lespy, l'ami, le frère d'armes de son grand-père, et son subrogé-tuteur... Il était venu aux funérailles; chacun remarquait sa haute stature, son allure extra-militaire... Elle apprit qu'il ne quittait jamais son uniforme, que personne ne l'avait vu porter de vêtements civi's depuis le jour où il entra au Prytanée... Elle se souvenait, comme si cela datait de la veille, de la conversation que sa grand'mère eut avec lui...
— Mon ami, dit Mme de Dourliac, je suis frappée à mort...
Elle De savait pas que sa pauvre petite Véfa Tenteiidait; mais, quoique l'enfant pleurât tout bas, elle ne croyait pas à ces terribles paroles...
— Aymard et moi, reprit la grand'mëre, nous no nous étions jamais quittés, et nous ne pouvons rester séparés longtemps, voyez-vous... Je demanderais à Dieu de me réunir à lui tout de suite, si ce n'étaient les enfants... Aymar^vous les a recommandées...
Et ses pauvres yeux cernés s'attachèrent anxieusement sur le visag-e contracté du colonel.
— J'espère de toute mon âme que vos pres- Uentiments ne se réaliseront pas. Madame, et que vous serez gardée à vos petites-filles, auprès desquelles personne, hélas ! ne pourrait vous remplacer... Cependant, si une promesse sincère vous inspire quelque sécurité, tout ce que peut le dévouement, je le ferai pour elles...
— La tutelle de Véfa est confiée, comme vous le savez, à ma belle-sœur, qui est religieuse. Isabelle vient d'atteindre sa majorité, mais elle habiterait avec sa sœur près de leur tante. Cependant, si un malheur arrivait à celle-ci, mes filles n'auraient plus que vous...
— Alors je les emmènerais chez moij dit- il
éuergiqueraont. Ma sœur est une bonne créature, pleine de tendresse... El. il serait bien étonnant qu'elles ne trouvassent pas de jeunes olficiers, de braves cœurs pour les rendre heureuses !
— Elles ont si peu de chose! dit Mme de Dourliac en soupirant.
Elle regardait son vieil ami avec une impression indéfinissable. Plus tard, Véfa comprit ce qu'elle éprouvait alors: une religieuse retirée du monde et un vieux soldat, c'étaient les seuls êtres qu'elle pût donner à ses enfants pour appui...
Depuis, Véfa n'avait pas revu son subrogétuteur. Leur tante les prit auprès d'elle après la mort de leur aïeule... Aucun des lieutenants ne se trouva assez riche pour épouser la jolie Isabelle; mais Georges Rallière, qu'elle avait refusé, revint lui offrir son cœur et sa grosse fortune, et celte fois elle ne dit pas non.
On ne racontait pas tout à Véfa; mais elle découvrit sans beaucoup de peine que sa tante n'aimait pas Georges, peut-être parce qu'elle ne lui trouvait pas de sentiments religieux, et que le colonel fit des observations énergiques. Isabelle dit alors à sa sœur que leur vieil ami.
poussait le culte de l'armée jusqu'à la folie, ef qu'il était simplement vexé de la voir épouser nn civil. En tout cas elle était majeure, et elle exprima sa volonté d'une manière absolue...
Véfa se rappelait l'espèce d'angoisse qu'elle avait éprouvée au moment de ce mariage... Isabelle lui semblait si froide ! Une fois, elle l'avait surprise pleurant, mais n'avait pu deviner le secret de ces larmes....
Elle revit en imagination son beau-frère... Un bon garçon, pensait-elle, pas très beau, du moins à son goût, quoiqu'il fût grand, avec des ails réguliers, et très bien habillé... Mais il parlait trop de ses affaires et de son argent... Elle assista à leur mariage, où le colonel Lespy n'était pas. Depuis, elle n'avait vu Isabelle qu'une fois... Elle ne la connaissait vraiment plus... Elle dévorait de petits billets affectueux qui avaient généralement pour objet de lui annoncer des cadeaux,.. C'est ainsi qu^elle avait reçu, en outre de monc&âTÏx de chocolat et de bonbons, sa bague de turquoises, sa broche émaillée, et un bracelet qu'elle portait en ce moment pour la première fois, puisqu'on ne permet pas les bijoux au couvent, et qui, par parenthèse, contrastaient assez drôlement avec
runiforme dont elle était encore revêtue...
Mais elle avait dix-huit ans. On ne pouvait la laisser plus longtemps à la charge de sa tante... Justement, M. Rallière venait d'acheter un château dans ce pays, et c'est là qu'ils Rappelaient...
Son cœur commençait à battre très fort. Trois ans!... Sa sœur lui faisait décidément l'effet d'une inconnue. Ses nouvelles affections, sa vie mondaine, sa maternité ne l'avaient-elles pas changée? Et Georges, qu'elle n'avait fait qu'entrevoir, aurait-elle de lui une impression plus agréable?... Il parlait trop fort, portait des vêtements trop clairs et des cravates trop voyantes. . :f
La pensée du bébé était son refuge. Elle aimait tant les enfants! Au couvent, les petites s'accrochaient à ses jupes... Elle demanderait à Isabelle de s'occuper de lui...
Voici, à droite de la route, une grille monumentale, dont les fleurons dorés brillent au soleil. Une jolie maison de garde la flanque d'un côté. Véfa se dit qu'elle s'en contenterait bien, de ce cottage tapissé de roses, et orné d'une petite poivrière... L'omnibus roule maintenant dans une avenue qui lui arrache un cri d'admiration. Il y a trois rangées de hêtres énormes,
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dont les troncs d'un gris clair, élancés comme des colonnes, se perdent dans des masses de feuillage léger. Au-dessus de sa tête, c'est une voûte de verdure, une voûte mouvante qui réfléchit sur le sol des lacis délicats. Les troncs portent des noms profondément gravés, des lettres qui ont grandi avecles arbres... Ceux que ces noms appelaient sont, sans doute, depuis longtemps disparus...
La jeune fille se penche avidement, croyant voir, comme perspective, un château féodal, ou tout au moins un vieux manoir drapé de lierre, majestueux ou pittoresque. Hélas! elle est léçue : 'Ip'est une grande bâtisse toute neuve, iriute blanche, qui termine l'allée séculaire, une maison qui a d'ailleurs des prétentions au nom de château, et qui les justifie par ses deux pavillons en saillie, ses hauts toits d'ardoise, la terrasse fleurie qu'entoure une balustrade, et à laquelle on accède par deux larges rampes.
Autour s'étendent des corbeilles un peu trop savamment tracées, et derrière, le parc prolonge à perte de vue ses massifs, ses méandres, ses pelouses, ses groupes de beaux vieux arbres.
Mais une immense, afl"reuse confusion viept dominer tontes Ips autres impressions de Véfa ;
Isabelle et Georges ne sont pas seuls. Il y a des messieurs et des dames sur la terrasse; on regarde curieusement Tomnibus, et elle a sa robe de pensionnaire, et elle n'aura pas sa sœur toute à elle, et il lui faut refouler toutes ces émotions qui lui serrent le cœur et font revivre le passé!.. L'omnibus contourne la terrasse et va se diriger vers Tautre façade de la maison... Yéfa respire, et se dissimule pour éviter ces regards qui semblent percer les parois... Mais la voix de stentor de son beau-frère retentit :
— Arrêtez ! Faites-la descendre ici!
La voiture stationne au pied d'une des rampes, et Georges se précipite au-devant de sa belle-sœur. Il a un complet beige très clair, une cravate bleue avec un fera cheval en or; Yéfa le trouve engraissé, et se sent toute petite quand il lui tend SpIl grosse majn, sur laquelle il y a un énorme diamant.
— Bienvenue, petite sœur!... Elle a l'air d'une nonnette avec sa robe étriquée et sa mince Jaquette trop courte! Hein! que dites-vous de Belvoir et de ce terrain?..- Çà vaut mieux que vos grilles?
11 lui donne deux gros baisers briiyants, et la précède le long de la rampe aux balustres tapis-
ses de roses... Elle se sent mourir de honte sous les yeux rieurs qui l'examinent... Mais voici Isabelle qui s'avance... Véfa la devine plus qu'elle ne la reconnaît... Elle est jolie, oh ! ravissante, mais si arrangéel Ses cheveux, jadis d'un blond cendré comme ceux de sa sœur, ont une teinte roug:e et chaude ; une ombre noire souligne ses paupières, et elle poudre ses joues, qui étaient si fraîches...
Elles se regardent un instant, déroutées toutes deux; puis Mme Rallière embrasse brusque- ,ment Véfa et l'entraîne.
l — J'emmène Geneviève, dit-elle, parlant à on mari par-dessus son épaule. Elle est tout tfarouchée, et^vraiment pas présentable... Véfa est partagée entre le soulagement d'échapper aux regards de ces inconnus, la joie de revoir sa chère Isabelle, qui lui coupe la respiration, et je ne sais quelle désagréable idée qu'elle est affreuse, et que sa sœur a honte d'elle... Sa jupe noire se précipite dans le sil- /age de la robe vieux bleu qui serpente à travers les massifs. Elles tournent l'angle de la maison. Véfa respire en se voyant à l'abri de tous ces yeux moqueurs, et la jeune femme la fait entrer dans un hall rempli ide palmiers, où il y a une
'table chargée de journaux et de raquettes, des sièges en bambou, et au fond, un escalier très large, éclairé par un vitrail colorié, et se séparant au premier en une double rampe.
— Viens vite, j'ai hâte de te montrer ta chambre, dit Isabelle.
Son sourire la rend tout à fait à Véfa, et évoque une foule de petits souvenirs. Sans qu'elle sache comment, Véfa la revoit arrangeant des fleurs dans le salon de sa grand'mère, versant du thé aux jeunes officiers, puis en toilette de bal, une robe de tulle blanc dont la traîne ondoyait au milieu des uniformes... 0 magie d'un sourire !
Elles montent si vite que la jeune fille est essoufflée quand elle arrive au second étage... Sa chambre est un rêve, toute tendue de cretonne rose à semis de marguerites, avec des meubles laqués blancs, un petit bureau délicieux, et une natte rose et blanche sur le parquet.
— Isa, c'est trop joli!...
— A la bonne heure! je te retrouve dans ton sourire! Tu es jolie, ma petite, ou tu le redeviendras quand tu seras un peu moins fagotée...
Elle lui ôte son chapeau et enlève son peigne.
— Quelle toison d'or pâlel... Tu auras l'ai r
d'une petite figurine de Saxe, quand on t'aura habillée... Tu as ton sosio là-bas, dans mon petit salon, — tu sais, Tancêtre en bergère Watteau qui me vient de chez grand'mère?... Tiens, viens voir une surprise...
Elle l'entraîne dans un joli cabinet de toilette, elle tire un rideau, et Véfa aperçoit des jupes et des blouses.
— C'est pour toi, on les a faites avec la cornplicité de la Sœur robière, qui a donné tes mer sures... Les blousons, cela va toujours... Ilabille-toi vite, on va dîner dans une heure...
N'importe quelle pensionnaire eût épirouvé iin ravissement, en voyant ces jolies toilettes. Véfa est contente, elle est reconnaissante; mais elle a aussi besoin d'autre chose.
— Gomme tu es bonne, ma grande soeur chérie 1 Je suis si heureuse de te revoipi
— Oui,ily a si longtemps!... Nous n'avons pas vécu ensemble depuis mon mariage...
— Mais avant, c'était si bon! Oh! Isa, te souviens-tu du salon, qui n'était pas un lieu de cérémonie, mais qu'on habitait dfi matin au soir, où graud'mère avait son métier, moi ma poupée, otk le lieutenant de Sailly dessinq.it sur
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ton album, où la fleur du régiment défilait le jeudi?...
Quelque chose d'ému passe dans les yeux d'Isabelle.
— Çà, ma petite Geneviève, c'é'ait le bou vieux temps...
Un soupir frappe l'oreille de Véfa, très léger, mais un pou triste.
— Isabelle, c'était bon; mais ton présent, à toi, est meilleur encore, puisque tu as un mari et un enfant I... Oh î ne puis-je voir Bébé?
— .Te fe l'enverrai dès qu'il rentrera...
Véfa avait rêvé que Bébé serait là, quand elle despendrait de voiture.
— Bébié est un amour, dit Isabelle, souciant. Oui, ma chérie, je suis très gâtée... Tu t'amuseras ici, je suppose; nous menons une vie pleine d'entrain... Ce n'est pas le même genre qu'autrefois...
Elle s'arrête, regarde la jeune fille, et sembk tout à coup réfléchir.
— Voyons, il est temps de t'habiller. Tu n'as pas besoin de femme de chambre, n'est-ce pai? Les femmes sont sur les dents, à cause fie nos botes, et il sera beaucoup plus coRicporle que
tu g-ardes tes bonnes petites habitudes d'indépendance personnelle... Cela ne te vexe pas?
— Moi:
Véfa rit de tout son cœur à l'idée de ne pouvoir se passer de femme de chambre,
— J'aime beaucoup mieux m'habiller seule, je t'assure...
— Attends, je vais te coiffer, pour t'apprendre
Elle fourrag-e dans la malle de Geneviève, prend les brosses, soulève les cheveux de la jeune fille entre ses doigts, puis se ravise.
— Non, je ne veux pas te faire trop chic... J'aime mieux que tu restes simple et distinguée, — que ma sœur ne ressemble pas aux jeunes filles que je vois... Pas de frisons, décidément... Tords ces lourds cheveux... lourds à porter, mais si légers à voir!... Mets cette jupe blanche et cette blouse rose... Je retourne vers mes hôtes... Bébé ne tardera pas à te faire sa visite...
Elle embrasse sa sœur, et tout à coup s'attendrit :
-—Ma jolie petite sœur î... Ce n'est pas ma faute si je ne t'ai pas vue plus souvent... Mais,
maintenant, tu es à moi, et \e te veux heureuse...
Elle l'embrasse encore, presque violemment, et la quille avec un petit signe et un sourire...