CHAPITRE XXX
L\ dernièhk page du joupxNal de Véfa.
En attendant notre mariage, nous passons les semaines brûlantes de juillet dans la montagne, près de ce cher Lourdes où tante Chloé et moi avons tant prié. Mais nous avons fait une étape à Lancian... Tante Chloé, plus jeune et plus fraîche que jamais, avait fait des prodiges pour installer Isa et soii fils, qu'elle n'a jamais voulu laisser aller à l'hôtel.
La chambre du balcon n'a plus ses persiennes closes... Au milieu des roses grimpantes et du jasmin jaune, le colonel venait fumer avec Michel, qu'il ne quittait guère plus que son ombre.
Bébé animait de son babil et de ses jeux bruyants le petit jardin ombreux. Tante Chloé
et lui se sont inlimeraent liés; on ne les voyait plus l'un sans l'autre...
Le vendredi suivant, le régiment a défilé comme un seul homme dans le petit salon Louis XVL Tante Ghloé s'est tirée avec un esprit infini de toutes ces curiosités..- Le tableau de Michel, dont une belle photographie figurait à une place ostensible, a eu les honneurs de toutes les conversations ; s'il n'était Toeavrede mon fiancé, j'en aurais été lassée !
Et entre nous, que de souvenirs rappelés! Que de joies revivent, qui n'étaient pas mortes, après tout, dans ces cœurs aui se croyaient séparés !...
Nous avons décidé notre avenir : nous partagerons notre année entre Paris et Lancran. Isa a demandé au colonel de lui trouver une villa près de la sienne.
— Et vous écrirez pour Aymard votre grand ouvrage, colonel, a-t-elle ajouté avec son plus iharmant sourire.
Nous sommes mariés.
Que Dieu est bon!
Le colonel^ dans une grande tenue toute
LA PUPILLE OU COLONEL Sh
neuve, m*a conduite à Tautel. Tante Gbioé était ravissante : personne n'aurait songé à critiqu^v les roses dont était orné son chapeau de dentelles...
Nous partons pour notre voyage de nocesi laissant Isa, qui est meurtrie aujourd'hui, malgré son énergie, aux mains compatissantes des vieux parents.. . et à l'enfantine, mais toutepuissante tendresse d'Âymard...
le colonel a jeté les yeux sur notre fifran de malle habillée de toile grise.
— Cela tient plus de place que mes cantines, a-t-il dit en souriant.
Michel l'a embrassé chaleureusement.
— Soyez tranquille, mon oncle, j'ai gardé la mienne, et si une guerre éclate jamais, vous me trouverez près de vous.,,
La voiture s'ébranle... Le colonel fait un 6igne. Avons-nous oublié un colis?
— Miche) a-t-il ses albums, ses couleurs?... Il y aura quelque chose à faire» un sujet à trouver au Simplon.
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La Bibliothèque
Université d'Ottawa
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