INTRODUCTION
Dans le Montpellier Médical du 17 janvier 1909, M. le professeur-adjoint de Rouville a publié une leçon clinique de gynécologie sur la Pyométrie dans le cancer du col de l’utérus. Avec l'approbation de notre président de thèse, nous avons extrait de cette leçon et des deux obsertions qui l’accompagnent, le sujet de notre «Contribution à l'étude de la pyométrie dans le cancer utérin ».
Deux observations inédites que nous a communiquées obligeamment M. le docteur Ch. Platon, chargé de cours à l'Ecole de plein exercice de médecine et de pharmacie de Marseille, chirurgien de la Clinique gynécologique, illustreront, si l'on peut dire, avec celles de notre président de thèse, notre texte. Mais, pour rédiger ce dernier, nous devons le reconnaître, la tâche nous a été grandement facilitée par la thèse que M. A. Lomon a soutenue à Paris, le 17 juillet 1907, sur le même sujet.
Les traités classiques de chirurgie et de gynécologie ne parlent qu'incidemment de la pyométrie. Quelques auteurs indiquent rapidement que l’hématométrie peut
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se transformer en pyomélrie secondaire. Aueun ne distingue celle-ci de la vraie pyométrie, aflection tardive de la vieille femme, à évolution quelquefois latente et à symptômes le plus souvent obscurs. Les travaux antérieurs relatifs à cette complication qui, sans être très fréquente, n'est cependant pas exceptionnelle, sont peu nombreux. Enfin, pour beaucoup de chirurgiens, le fait de trouver du pus dans l'utérus, au cours de l’évolution de certaines affections utérines est tellement banal, qu'ils ne voient pas en cela matière à observation: clinique Pourquoi cet oubli ? Pourquoi ce désintéressement presque général? Il est cependant un élément que l'on ne doit pas négliger dans le traitement que l'on apporte aux aflections malignes de l'utérus : l'élément douleur. Or il est avéré, les observations rapportées par M. À. Lomon le démontrent, que les malades atteintes de ces maladies de matrice, douloureuses entre toutes, peuvent être soulagées, sinon loujours, au moins souvent {n'est-ce pas là un point essentiel ?), par le drainage, l’évacuation de la collection purulente qui séjourne dans leur matrice malade. Chez quelques cancéreuses même, le plus souvent celles qui sont inopérables, la pyométrie est seule cause de leurs souffrances.
Ce n’est pas tout. Les chirurgiens ne peuvent nier qu'au cours d’une hystéreclomie par la voie abdominale, ils n'aient été quelquefois surpris et contrariés de constater qu'un flot de pus, issu de l'utérus déchiré accidentellement par une pince ou ouvert volontairement selon le procédé d'hystérectomie employé, ait fait irruption dans la séreuse. Dans ces cas imprévus les chances d'infection sont portées au maximum ; le succès opératoire peut être compromis et toujours au détriment des opérées. L'exemple de Legueu n'est pas unique. Mais n’antici-
UE pons point sur une partie de notre sujet. Voyons ce qu'est la pyométrie. Définissons-la.
La pyométrie est la rétention d’une certaine quantité de pus dans la cavité utérine. La condition nécessaire de cette rétention est qu’un obstacle quelconque s'offre à
MT 2 FE JA " 4 l'évacuation des sécrétions utérines infectées. On peut la
rencontrer dans divers états pathologiques de l'utérus : libromes injectés, sténoses cervicales particulières et, dans la majorité des cas, au cours de l'évolution cancéreuse.
On réserve le nom de pyomètre à la collection purulente intra-utérine elle-même qui est la manifestation caractéristique anatomo-pathologique de la pyométrie.
P.-S. — A la veille d'imprimer notre texte, M. le professeur adjoint de Rouville nous communique une nouvelle observation de pyométrie que nous ajoutons à la suite des autres.