OBSERVATION I
(D: de Rouville)
Notre première malade est âgée de 60 ans; elle est ménopausée depuis douze ans; elle a eu huit enfants, sans incidents ; depuis trois mois seulement, elle perd en rouge; ses pertes sont irrégulières et d'abondance variable; elle éprouve dans le bas-ventre quelques vaques douleurs ; Sa température, prise matin et soir depuis son entrée dans le service de gynécologie, n'a pas dépassé 37° ; l'état général est bon; les urines sont normales ; aucun trouble de la miction ; pas de consluipa-
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Le
tion. Le volume de l'utérus, dont on délimite le fond à trois travers de doigt au-dessus de la symphyse pubienne, l’immobilisation partielle de cet organe, l'induration commençante du ligament large gauche, enfin l'invasion néoplasique du cul-de-sac latéral gauche, contre-indiquent, d’après le diagnostic porté par M. le professeuradjoint de Rouville, toute tentative d’exérèse totale, et, en quelques coups de eurette, tout le colinfiltré, ramolli jusqu'à l'orifice interne, est rapidement abrasé. M. le professeur-adjoint de Rouville se trouve alors en présence d'une vaste surface saignante, recouverte encore çà et là de saillies bourgeonnantes: Il juge prudent, avant d'aller plus loin, de repérer l'orifice utérin. Il y parvient facilement. La fine curette dont il se sert en guise d’explorateur pénètre en effet brusquement dans une cavité qui ne peut être que la cavité utérine, ef, immédiatement, un flot de pus, france, bien lié, sans odeur, fait irruption dans le vagin. Il y en a environ 150 grammes. Après dilatation prudente, aux bougies d'Hégar, de l’orifice interne, il introduit l'index droit dans la cavité utérine. Celle-ci est dilatée. Le doigt s’y meut aisément et perçoit partout la muqueuse régulière et lisse, sans fongosités ni ulcéralions. On draine l'utérus et une injection intra-utérine au Iysol est donnée. Ce traitement est continué huit jours au bout desquels la malade quitte le service en excellent élat.