‹ La quadrature de l'amourChapitre 101 sur 178 · LES TERRES INCONNUES · texte numérisé non relu

LES TERRES INCONNUES

C'est l'habitude. On dit : la femme. On dit : les hommes.

Il n'y a d'ailleurs plus que nous, les psychologues

(Et les collégiens aussi, mais c est tout comme).

Qui prenions certain air solennel, un ton rogue

De vieux régents et de pions, pour prononcer

Phâme, avec un P. H. et l'accent circonflexe...

La Femme ! Substantif absurde au singulier.

Qui restreint (com.me dirait Bouvard) « le beau sexe»

Aux donneuses de joie, amante ou courtisane.

Mondanités et bourgeoisie, rien au delà !

C'est notre lot, c'est notre ligne de comibat.

Passé quoi, nul épi n'est digne qu'on le glane.

Nulle fleur ne vaut d'être observée. Et pourtant

N'aurais-tu pas ta place marquée, fleur des champs.

Dans l'herbier où la flore a livré ses pétales.

0 vieille paysanne départementale,

0 dame de chaumine, ancestrale femelle

Aux chairs parcheminées, qui n'as pour hoiizon

Que ta masure et tes luzernes annuelles ?

Dis-moi, ton cœur sacré, pourtant, ton cœur profond,

N'a-t-il pas comme un autre immensém.ent battu.

D'un rythme si puissant peut-être qu'on devrait

Ecouter son mystère et chercher son secret?

Il nous demeure à nous comme un pôle inconnu.

Nous n'en parlons jamais que d'après des données

Et des traditions plus ou moins incertaines.

Tu resteras la grande aïeule insoupçonnée.

Et rien de tes amours, de tes joies, de tes peines,

De tes jeunes espoirs dorés ne nous parvient, Nulle péripétie, nul détour, aucun draine, Aucun tressaillement de ta tendresse, rien !... Rien; tu n'es pas la Femme !

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