POUR LES VOYAGEURS DE PREMIÈRE CLASSE
On voudrait posséder quelques femmes gentilles Mais de condition par trop inférieure.
Seulement devant ce gibier de pacotille On remet à plus tard, plus tard ou tout à l'heure, Et Ion oublie... Qui sait ! Peut-être eût-il suffi D'un bien petit effort pour, prendre à ces caresses Un bonheur neuf, naïf et certain. Cent maîtresses Passées ne valaient pas bien mieux. On en fait fi. On est comme ce riche intégral, l'affreux riche. Qui ne veut rien qui n'ait sa valeur, et n'affiche. Sur ses murs surchargés, que des toiles de maître. Mais qui lorgnant artistement, quand il pénètre Chez le marchand, une pochade d'inconnu. Un morceau savoureux, sensible, ou bien venu. Soupire ce regret nonchalant et cocasse : « Ah ! si j'étais pauvre !... » et passe.