‹ La quadrature de l'amourChapitre 153 sur 178 · LA VIEILLESSE DESCRIPTIVE DES FEMMES · texte numérisé non relu

LA VIEILLESSE DESCRIPTIVE DES FEMMES

Les femmes ont chacune La vieillesse qu'elles méritent.

Regardez-les, une par une.

Tantôt la bouche est vile, ignoble, décrépite. Elle est frappée d'ignominie, en souvenir

De ses baisers prostitués.

Tantôt ce sont les yeux qu'un dieu semble punir De n'avoir pas su voir, et qui sont dévorés, Ensevelis, sous le débordement des chairs. D'autres femmes par contre ont de charmants hivers. Elles s'effritent en beauté, s'amenuisent, Dans des grâces, comme leur existence, grises.

Correctes jusqu'à l'ennui.

La vieillesse est-elle un châtiment corporel. Une pénalité qui frappe, qui punit Le lieu du crime, un jugement déjà du cielî' Elle punit ce corps parce qu'il fut obscène. Elle sauve ces yeux parce qu'ils ont aimé. Elle accorde à ces mains le parfum de la grâce ; Aux lèvres elle met le pli de l'infamie; Elle inflige l'horreur, la tare, ou la grimace A l'organe qui fut impudent ou vorace.

C'est pourquoi souvent, dans un pur visage, éclate Un détail repoussant ou vil. C'est le stigmate. Ainsi vont, dans leurs soirs de gloire ou d'apparat. Les vieillardes ! Souvent un instinct scélérat

Me pousse à regarder défiler ces figures Où, dans le cadre si menu de leur ovale, Comme on met un paraphe à la page finale, Le vice et la beauté grifïent leurs signatures.

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