LA CHEMISE DE LINON
Nos amours sont des vêtements
Qu'au fur à mesure on endosse.
Ils sont tous successivement
D'étoffe mince, rude ou grosse.
Le premier est près de la peau.
On en sent pour toute la vie
Le doux contact. Il n'est pas chaud
Et la chair n'est pas garantie
Par ce linon souple et si fin.
On passe à d'autres. A la fin.
Ce qu'on endosse par-dessus
Le tout, c'est, vite, un gros manteau
Qui couvre bien. Il nous tient chaud,
Très chaud... Mais on ne le sent plus.