PRINCIPE TERNAIRE
Aussitôt ici-bas que deux amants s'enlacent
On voit, à leur côté, une ombre prendre place.
Venu d on ne sait où, ce personnage affreux
S'installe obstinément et forcément près d'eux.
C est la Mort. Quelques-uns la flairent et s'évqdent.
Ils ont subi la peur de ses grands yeux malades.
Ceux qui persistent, les plus hardis, les plus forts,
Sont ceux qui ne voient pas ou qui défient la mort.
Ainsi, parmi la catastrophe et son ravage.
Certains, lorsque le feu terrible se propage.
Mettent tout leur honneur à partir les derniers.
On les retrouve un peu plus tard asphyxiés.
La poigne de la mort est très lente à descendre.
Mais elle veut le couple entier, jusqu'à la cendre.
Elle les extermine en douceur; c'est son jeu.
Elle les use, les triture, peu à peu.
Jusqu'à l'avènement total de sa victoire.
Sous ses mains tout devient victime expiatoire !
Elle est le grand produit de tout accouplement.
Elle naît du baiser comme naît un enfant.
Et comme du soleil lui-même pousse l'ombre.
C'est l'hôte, le muet : c'est le troisième nombre.
On a tort de ne voir en elle que le terme.
Sa compagnie est plus explicite. Elle ferme
Le triangle de ce grand principe ternaire
Qui domine le monde et la nature entière.
Langue de feu, colombe embrasée, elle accourt
Dès qu'on s'étreint. C'est le Saint-Esprit de l'amour.