‹ La quadrature de l'amourChapitre 26 sur 178 · LA DÉCLARATION OBLIGATOIRE OU L'IMPOT SUR LE PASSÉ · texte numérisé non relu

LA DÉCLARATION OBLIGATOIRE OU L'IMPOT SUR LE PASSÉ

Deux amants nouveaux se confrontent.

Ils s'interrogent, se déchiffrent, anxieux, Bluffant à tour de langue ou s'avouant sans honte, Sincères, évasifs, étalant devant eux Tout un amas de vérités et de mensonges. Cette rencontre-là m'émeut toujours.

Longue confession brûlante que prolonge La curiosité torturée de l'amour !

On voudrait leur venir en aide, à ces enfants.

Dans ces minutes incertaines.

Leur crier : « Pauvres fous, malheureux ignorants,

Savez -vous de combien de peines, De larmes, de regrets, de souffrance et de fièvres, Vous paierez tels aveux échappés à vos lèvres ? Songez qu'une parole, une seule, suffit A briser les bonheurs, à broyer l'espérance ! Cette parole-là, brûlera, sans répit, Comme un tison, et frappera comme une lance !

Vous verrez, mes pauvres petits.

De quel poids elle pèsera dans la balance

Quand vous y mettrez vos bonheurs !...

J'ai peur pour vous, j'ai peur !

C'est une chose pitoyable Que de vous voir jeter, gentiment, sur la table, L argent, tout cet argent, que vous portez sur vous. Pour le mettie en commun ! Ah ! misérables fous ! Vous déclarez vos deux fortunes réciproques.

Et l'on entend alors cet étemel colloque :

« Est-ce tout? Est-ce "ûr? As-tu tout avoué?

Tu n'as rien que cela? Rien d'autre... C'est juré?

Tope ! A présent tu sais ma vie entière, à fond !,.. »

Par bonheur un instinct de conservation

A fait que redoutant, pour plus tard, les reproches,

Vous glissez, à la dérobée.

Quelque menue monnaie d'argent mdéclarée.

Au fond de votre poche...

Lyriques, mais malins, sophistiquant leurs mises.

Tels sont toujours les amants au début. C'esL pour ça qu'il n'est point de partie compromise Et que tout est sauvé quand on croit tout perdu.

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