SCÈNE III
GABRIEL, GIROFLÉE, qui se tient à V écart.
GA.ERIEL.
Diable, depuis que nous sommes sortis du collège,, mon ancien camarade est Lieu changé... ce n'est plus une bête,, c'est un sot. .j'ai vu qu'il tranchait avec moi du protecteur,
IO
et j'avais bien envie, pour prendre ma revanche, d'ouvrir mon portefeuille et de lui proposer de l'acheter , lui et ses commis... Une mauvaise affaire que j'aurais faite là! et peux, je crois mieux placer mon argent.
GIROFLÉE-
Monsieur, si vous voulez , je vais vous montrer votre appartement... je suis à votre service.
GABRIEL
Ah! ah! c'est vrai... c'est le valet de chambre qu'on m'a donné... Tiens, mon garçon, voilà d'abord, pour ta peine.
giroflée.
Comment donc... monsieur ! il n'y a encore eu que
"u plaisir....
GABRIEL
Tu vas aller dans la Grande rue,.... chez Delauuay ., à 1 Aigle d'Or... c'est là que la diligence m'a débarqué.
GIROFLÉE
Ah! monsieur est venu en diligence !
GABRIEL
Oui , j'aime mieux ça; c'est plus gai , plus animé, surtout les Jumelles qu'on prend à Rouen.
Air : du petit Courier.
Un tel voyage me plaît fort.
A la nuit on se met en route, On se place sans y voir goutte, On babille ou bien Ton s'endort :
On rit, on s'intrigue, on se presse, On parle amour. . . etcœtera , Sans savoir à qui l'on s'adresse. . .
C'est comme au bal de l'Opéra.
Et puis, on y fait des rencontres... J'avais, entr'autres, une petite voisine charmante.... qui avait en moi une confiance... Elle m'avait donné à serrer ses gants et son éventail ; et ma foi, en nous séparant, j'étais occupé à la regarder, et je n'ai plus pensé à lui restituer le précieuxdépôt. . .- -