SCENE TROISIESME
Pleurez pleurez mes yeux, etc. Cet endroit n'est pas bien repris par l'Observateur/, car cette frase fondez vous en eau, ne donne aucune vilaine idée comme il dit. Il eust esté mieux à la vérité de dire, fondez vous en larmes. Et à bien considérer ce qui suit, encore qu'il semble y avoir quelque confusion, toutesfois il ne s'y trouve point trois moitiés comme il estime.
Si je pleure ma perte et là main qui Va faite.
On ne peut dire, la mdin qui a fait la perle, pour dire, la main qui Va causée; car c'est Chimene qui a fait la perte, et non pas la main de Rodrigue. Ce n'est pas bien dit aussi, je pleure la main pour dire, je pleure de ce que c'est cette main qui a fait le mal.
en ce dur combat de colère et de fiante.
flame en ce lieu est trop vague pour designer Vamour, l'opposant à colère, où il y a du feu aussi bien qu'en l'amour.
Il deschire mon cœur sans partager mon ame\ L'Observateur la bien repris, car cela ne veut dire sinon il déchire mon cœur sans le déchirer.
quoy que mon amour ait sur moy de pouvoir
Cette façon de parler n'est pas Françoise; il falloit dire, quelque pouvoir que mon amour ait sur moy.
Rodrigue m'est bien cher, son interest m'afflige.
Ce mot, d'interest, estant commun au bien et au mal, ne s'accorde pas justement avec afflige, qui n'est que pour le mal. Il falteit dire, son interest me touche, oh sa peine m'afflige.
Mon cœur prend son party, mais contre leur effort , i * Je scay que je suis fille et que mon père est mort .
C'est mal parler de dire, contre leur effort je scay que je suis fille, pour dire, f oppose à leur effort la considération que je suis fille, et que mon père est mort.
n'en presse^ point d'effect .
Il falloit dire, ïeffect.
Quoy j'auray vèu mourir mon père entre mes bras ?
Elle avoit dit auparavant qu'il estoit mort, quand elle arriva sur le lieu. i