‹ La querelle du CidChapitre 58 sur 87 · SCENE QUATRIESME · texte numérisé non relu

SCENE QUATRIESME

Souk^-vous du plaisir de m'empescher de vivre.

Cette phrase empescher de vivre, est trop foible pour dire, de me faire mourir, principalement en luy présentant son espée, afin qu'elle 1^ tuë.

Quoy du sang de mon père encor toute trempée ?

L'Observateur est trop rigoureux' de reprendre ce vers, à cause du semblable qui est en un autre lieu; ce n'est point stérilité, si Ton n'en veut accuser Homère et Virgile, qui répètent plusieurs fois de mesmes vers.

sans quitter l'envie.

L'Observateur ne devoit point reprendre cette frase qui se

peut souffrir.

et veux tant que j'expire,

Cela n'est pas François pour dire, jusqu'à tant que f expire.

i d'avoir fuy V infamie.

Fuy est de deux syllabes.

Perdu et esperdu ne peuvent rimer, à cause que l'un est le

simple, et l'autre le composé.

Aux traits de ton amour ni de ton désespoir.

Ce vers est beau, et a esté mal repris par l'Observateur et effets, au lieu de traits ny seroit pas bien comme il pense.

Va je ne te hay point. Rod. Tu le dois.

Ces termes tu le dois sont équivoques; on pourroit entendre, tu dois ne me point hayr, toutefois la passion est si belle en cet endroit, que l'esprit se porte de luy-mesme au sens de l'Autheur.

Malgré des feux st beaux, qui rompent ma colère. Il passe mal d'une métaphore en une autre , et ce verbe rompre ni s'accommode pas avec feux.

Vigueur, vainqueur, trompeur et peur.

L'Observateur a tort d'accuser ces rimes d'estre fausses. Il vouloit dire seulement qu'elles sont trop proches les unes des autres, ce qui n'est pas considérable.

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