‹ La Queste du GraalChapitre 15 sur 62 · LÀ PRÉCATION DE PAULE · texte numérisé non relu

LÀ PRÉCATION DE PAULE

Serait-il vrai, grand Dieu, que ce battement d'ailes que je sens en mon âme, ne soit qu'un vol dïnstinct lâche et rebelle et que vous punirez ?

Serait-il vrai, Dieu bon, que mon sang vous offense, parce qu'il va plus vite au penser de l'Amour ? — Est-ce donc un péché de dire à la souffrance : « Laisse-moi être Deux pour ne pas déf aillir », et en tendant nos mains vers toi, de les unir.

Le baiser où deux êtres, accablés par la vie reprennent foi dans l'avenir, l'étreinte qui nous cfint de force, et la magie d'un beau regard, ces aumônes du cœur qu'on reçoit et qu'on donne, ô Dieu de charité, ne te contemnent pas. "*

Avant de condamner ta faible créature , condamne donc tes œuvres , Créateur ! Dis à tes nuits d'été d'éteindre leur étoiles, aux parfums de se taire, aux brises de cesser. Défends au peuplier de chanter sa complainte , au bois de fasciner par des prestiges d'ombre, au ruisseau d'alanguir avec son gazouillis ; qu'une immobilité de mort s'épande, et sous les deux froidis ma voix découragée, sans écho, se taira !

Mais, tant que la nature, comme une immense lyre, ne fera résonner que des accents d'amour, et que nos insomnies aux lendemains livides seront moins amères que les jours; tant que la poésie, céleste visionnaire, ne nous montrera d'autres consolateurs que les songes

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