‹ La Queste du GraalChapitre 2 sur 62 · SES OE V YRE S D R A M A T I Q V E S · texte numérisé non relu

SES OE V YRE S D R A M A T I Q V E S

sovs l'invocation

DE BAYREVTH

ix romans parus, une éthopée et une éthique, énormément d'esthétique, — du théâtre !

On renonce à se faire une idée de l'auteur.

Or, dans un pays si peu civilisé, où tout menace l'écrivain : l'armée, la loi, les mœurs, une certaine notoriété est une certaine sécurité.

Qui passe pour poète, peut espérer certes pas d'être respecté comme un acteur ou une fille, — mais comme un singe ou une orchidée.

C'est pour cette fin, peut-être trop présomptueuse, que ces proses lyriques ont été réunies.

Puissent-elles valoir à l'auteur la tolérance de n'être ni citoyen, ni décoré, ni académicien, mais seulement LUI-MÊME.

La Queste du Graal nomme un effort encore inabouti de drame mystique, et le nomme si bien que, pour s'emparer de ces mots précieux, on les a donnés à ce recueil.

Certes, il eût été facile de légitimer cette rubrique pour la présente matière? Mais le mensonge est si universel qu'on devient de bonne foi. par simple haine de l'imitation et des coutumes unanimes.

Expliquer sa technie et ce qu'on a souhaité produire, serait à sa place dans un monde point méchant et intéressé à l'art: et ce n'est point le cas de Paris où le mot de passe se dit : Pour la vie ou pour l'envie.

Tel quel, ce recueil est offert à l'Ordre de la Rose*Croix.

A une telle œuvre, donner son temps et son intelligence ne suffit point ; ceci est le denier du Sar, de l'exilé qui a emporté avec lui un peu de lumière, une étincelle du feu Prométhéen: et qui s'efforce de réchauffer ses frères d'idée, plein d'amour et de ^èle, et non pas d'orgueil.

Puisse l'auguste destination de la vente la favoriser, et que les Pharisaïns qui, hier encore, riaient de l'idée du Sar, ne puissent pas rire non plus du denier du Sar.

Ainsi soit-il !

PKÊLVDE

ans l'éther pur, où ne vibre aucune aile,. — au delà des neuf chœurs et du septième ciel, — il est une splendeur si radieuse et si sublime que nul esprit ne la peut contempler :

Ce feu subtil, cette clarté divine sépare l'Absolu du créé.

D'innombrables rayons de ce foyer s'épandent et vont extasier l'âme des bienheureux, ou se prolongent vers la terre, illuminant d'Abstrait les génies créateurs.

Quand ces filles du Verbe, les Augustes idées descendent des hauteurs pour s'incarner ici, alors un hosanna indicible s'élève, et le monde céleste entier est prosterné.

C'est l'idéal, soleil d'Éternité qui échauffe et féconde de joie et de beauté, les saints et les artistes.

Celui qui a reçu le baiser de l'idée repousse la joie vaine des humains; il est le fiancé de l'au-delà vermeil, il est le chevalier d'une pure pensée.

S'il fait servir sa magique puissance à satisfaire de personnels desseitis, son front sitôt terni perdra

la trace lumineuse du baiser séphirien. Mais si, pieux amant des belles Normes, il sacrifie sans cesse à l'oriflamme sa gloire et les joies actuelles que le siècle décerne au félon, alors de l'Idéal la force sans seconde le cuirasse et le heaume d'invincibilité ; il n'est plus un mortel., et les anges eux-mêmes l'assistent de leur bras.

De l'Idéal le merveilleux mystère fut révélé par Mon Seigneur Jésus , lorsqu'il nous enseigna le sacrif ce volontaire, le don de soi pour le rachat de tous.

Artiste qui n'a pas appelé sur ton œuvre le rayon du divin, écoute : ici je révèle la récompense offerte aux preux de l'Idéal.

Sais-tu que l'art descend du ciel comme la vie ?ious coule du soleil ? qu'il n'est pas de chef-d'œuvre qui ne soit le reflet d'une idée éternelle? Que ce qu'on nomme Abstrait, peintre ou poète? le sais-tu? C'est un peu de Dieu même, dedans une œuvre.

Apprends, que si tu crées une forme parfaite, une âme viendra l'habiter et quelle âme ! une parcelle de YArchée.

N'as-tu pas vu briller au regard du saint Jean la subtilité même ? la Samothrace : t'a-t- elle pas parlé, la niké su rh u m a in e ?

Apprends encore ceci : au croulemeni du monde. Dieu sauvera comme l'âme des justes l'âme des œuvres.

Le ciel aura son Louvre et le cœur des chefsd'œuvre adorera pendant l éternité son créateur l'artiste, comme nous-mêmes, Dieu.

PKELUD1Î X[

Ah! tu n'auras jamais un autre devenir que celui de ton rêve, et d'autres compagnons dans le siècle infini que les fils de ton art.

Prends garde : nul repentir ne vaut contre la félonie : si tu aimas le laid, tu n'as droit qu'à l'enfer. Il en est encore temps, préfère les suaves invites des anges conseilleurs : écoute-les chanter le rappel au divin, et sonner la trompette idéale :

« Rose d'Amour, encadre^ de sourire la redoutable croix.

Croix du salut, purifie^ de larmes, la rose trop terrestre.

Rose du corps, épanouis ta grâce sur le symbole du supplice accepté.

Croix du renoncement, sublimise la vie, apaise ses vertiges et consacre la Rose.

Emmêle^ , symbole très parfait : la charité au beau, la pensée à la forme : et que la rose enguirlande la croix, et que la croix vive au cœur de la Rose. »

LA DECADENCE LATINE

ÉTHOPÉE

Page 1