CHŒUR PROVINCIAL
Que dirai-je alors, misérable, et quel saint invoquerî J'ai insulté le mystère en Joseph, l'art en Luc, en l'esprit Jean, et toutes les Madeleines ; par mes présomptions, j'ai touché à Marie elle-même.
0 majesté redoutable, ayez pitié ; votre miséricorde ne fera rien plus grand qu'en s étendant sur moi.
Jésus a pardonné à Caïphe, à Pilate, oh ! les bras du Calvaire sont-ils fermés pour nous ?
Vous descendez du ciel pour racheter le monde, oubherez-vous les plus perdus ?
(iémissant et honteux, à vos pieds je supplie ; pardonnez le supplice d'Istar.
Ma prière est indigne, après tous mes forfaits, mais connue un holocauste toujours a mérité le salut de l'infime, pardonnez aux bourreaux au nom de la victoire ; le mérite d'Istar la sublime et la sainte peut seul nous rédempter.
Seigneur, Seigneur, séparez-moi de ces maudits ; que votre éternité où j'entre me dérobe à la vue des mauvais. Ma vertu ne va pas jusqu'à leur pardonner, car ce soir de colère, cette aube de vengeance, mon dernier jour, Daoud l'a promisses Sybilles juré; parais donc dans les airs irrités, encercueille mes bourreaux de honte foudroyés, ô céleste bannière.
SALUT SEPHIROTIÇUÈ
Salve Keterf Insigne exilée du ciel, te voilà donc rendue à la gloire ; les larmes coulées de tes yeux dans les mains attentives des anges se sont géminées et pendant l'éternité luiront sur sa tunique ces diamants de ta douleur, tandis que rougeoiront, heaume de ta chevelure, les rubis que ton cœur a saignés en ton martyre, ô mon Istar encouronnée !
« Salve Chocmah ! Vierge sage et prudente, tu abandonneras ton corps au destin, mais ton âme sut dormir héroïque et muette, jusqu'au jour où parut l'OElohite ton frère, et lors, conciliant ton devoir et ton rêve, tu fermas ta tunique et tu ouvris ton cœur.
« Salve Binah .' Intellection très noble, il ne te fallut pas épeler le divin langage, et parfait instrument, tu vibras, aussitôt la parole d'inceste. Tu compris sous les vacillants et petits la doctrine sacrée des daimons de lumière, Androgyne tombé dedans un corps de femme au pays des haineux.
« Salve Chesed ! miséricordieuse et douce, vingt ans tu as donné le bonheur à qui ne te le donnait pas et tu m'as donné à moi ton âme pour faire mon chefd'œuvre.
« Salve Geburah ! rigide ! dont je n'ai baisé la main qu'une fois : ma caresse quand je l'ai faite, tu ne la sentais plus et je n'ai collé mes lèvres que sur la magnifique forme que ton âme avait déjà quittée.
LA QtJESTE DU GRAAI 111
« Salve Tipheret i admirable I tes yeux étaient les ostensoirs où le bonheur bénissait et tu les a élevés sur moi, pendant nos messes tendres. Los! ta 'beauté n'aura pas été stérile, carj'en témoignerai.
tire Netsahl victorieuse de l'inceste évité et du honteux partage du corps à son mari et du cœur à son frère, tu as vécu pour l'un, tu as péri pour l'autre : ta vie, devoir amer, ta mort, funèbre amour.
« Stilrr Jlnil ! esprit d'amour, esprit de foi, qui du mémo grand cœur, saisis deux vérités : l'amoureuse mêlée à la catéchumène assompta même jour, et tu m'as tout donné qui fut à toi, grande âme que j'ai offerte à Dieu.
i Sfilr,' /<'.<« ni .' reine des vieux pays qui sont morts, je garderai fidèle et triste ce collier, <-t j'en dirai souvent, suivant le rite Kelte , le dizain fatidique, en rosaire d'amour.
t Salve Malchut .' femme si vraie en sa surnaturalité ; après l'avoir aimée tout le trajet terrestre, je saurai te rejoindre au monde des esprits. Quand j'aurai accompli ma mission satanique, tes bras me recevront pour ne se rouvrir plus.
« Salve Istar ! sœur par le rang, épouse de désir et maintenant ma Muse, je dresserai un autel à ton nom.
« Ton fantôme plaintif jettera sur ma vie la pénombre d'un deuil inconsolable et lier. »