‹ La Queste du GraalChapitre 32 sur 62 · II. BIEN-AIMÉ — ROSI · texte numérisé non relu

II. BIEN-AIMÉ — ROSI

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LE COMBAT DE MÉRODACK CONTRE TAMTI

La droite du dieu Mérodack rayonna terrible comme mille éelairs ; et son eselave le tonnerre le précéda, éclatant devant lui. à la façon d'un chien qui précède son maître en aboyant.

Mérodack prit à témoin la grande, la pacifiante Bêlit, déesse des sérénités, et puis il se matérialisa tout entier pour descendre au niveau de son ennemie terrestre.

Quand la violente Tamti le vit sans majesté, en corps d'homme, ses vagues écumèrent provocantes d'espoir victorieux.

Mais le dieu prononça le mot mystérieux et fatal, le mot qui cube les mondes, le mot androgyne, le mot quaternaire.

Vers le sud et vers le nord, vers l'ouest et vers l'est, à chacun des quatre vents il dit le mot mystérieux, et des quatre coins du monde les souffles de mort accoururent : et il les sextupla en les mêlant, et il les fit descendre sous les flots pour les soulever.

Puis, il monta sur son char qui devance l'oiseau et la pensée, qui est vertigineux et reste divinement serein en sa course.

Tamti clama son furieux désespoir à la face du grand Mérodack, divin époux de Zarpanit.

— « Lasse, lasse à mourir d'être passive, d'être femme, d'être liquide, et de toujours battre les rivages de mes eaux salées, j'ai demandé à celui qu'on ne nomme pas, à Ilou et à Anou et à Bin, j'ai demandé le néant qui repose ou la vie qui pense ; et des deux supérieurs un refus est tombé sur moi, et je veux finir ou commencer, vivre pleinement ou mourir tout à fait. Chacune de mes vagues envie le coquillage et me suivra. »

Mérodack ne proféra que ceci :

— 9 Je suis le maître de la volonté ; il faut m'obéir: et tais-toi, tu m'ennuies, ô mer! » Tamti déferla contre toutes ses falaises, brisa les ancres des ports, éteignit les phares.

Elle fit résonner sa terrible voix des tempêtes, et se jeta sur le purificateur des dieux, celui qui avait imaginé le mot mystérieux comme arme dans la bataille.

Il la confondit avec son mot mystérieux et il lâcha le mauvais vent qui renverse tout. Alors Tamti ouvrit sa bouche pour engloutir le vent, mais elle ne put joindre ses lèvres, et le vent, entré en elle, la remplit, son cœur se retourna, ses entrailles se rompirent, le dieu brisa son cœur, fendit son corps, jeta son giron aux poissons atroces et leur dispersa sa cervelle.

Tout ce qui sortit de la mer, il l'y fit rentrer, et tout eut peur dans le règne liquide, et la vague se cacha sous la vague, le flot s'abrita sous le flot.

La mer avait perdu son âme, et c'est depuis ce temps que la voix des océans se lamente, si plaintive. L'eau fera jusqu'à la fin la grande lamentation pour la mort de son âme. la Heine Tamti, Elle ! »

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