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ELINUS
\ .v,: : Route sublime où je dois m'arrêter, coupe splendide que je ne puis vider, tiare à déposer, épée qu'il faut desceindre, <*» porte du Mystère à refermer. Magie! agrée mes pleurs d'adieu en libation suprême,
Ai l.nir :
li Liné ! <> Porte cinquantième que Moïse lui-même ne franchit pas, mon acheminement vers toi à ce pas, s'arrête. Vus chœurs de flamme, vos chœurs de force, \"n chœurs de puissance «'t de gloire, anges me sonl fermés. Vertus, Règnes, Thrônes, «'t vous, roues de lumières, nem'apparaitrez plus. Ai Liné t
Ai Liné! De l'Empyrée .i<- tombe dessous le Firmament et les sept rois du ciel m'imposeronl leur joug; lugubre sous Saturne, sous Jupiter vaincu, guerroyant contre Mars, par le Soleil brûlé ; Vénus seule me sera douce, la Volatile et la Lunaire, Ai Liné .'
Ai Liné /Je ne suis plus qu'un homme en la décade terrestre, ascendance et chute alternée, marnais ange et mesureur des forces, microscome incomplet, l'ori. ginel péché me reprend par son dam ; je ne suis qu'un souffle qui meut de la matière, et mon Verbe a péri, Ai Liné .'
Ai Liné.' Je marcherai des pas animaux, mon envie
dérisoire suivra le poisson et l'oiseau! J'aurai peur du reptile et peur de ma semence ; et ma vie incertaine demandera aux plantes, à l'eau des mers, aux cailloux mêmes, la santé du corps, Ai Liné !
Ai Liné! Mon esprit obscurci, en mon âme abêtie lampe éteinte, ne luira plus. Le non-être sera mon désir ; la fatale attraction duSchëol infernal, à travers l'air et l'eau, m'appellera parmi le cycle élémentaire, chaos sans forme, abîme d'inertie, Ai Liné !
Ai Liné! Route sublime où je dois m'arrêter, coupe splendide que je ne 'puis vider, tiare à déposer, épée qu'il faut desceindre. 0 porte du Mystère, à refermer. Magie, agrée mes pleurs d'adieu, en libation suprême, Ai Liné !
THRENE
Entre la Science et l'Amour, comme Alcide autrefois: Athèné, Aphrodite, m'entourent, parcoureur interrompu des trente-deux voies saintes.
La lumière d'inteilection ne me nimbera plus.
De l'unité infime en mon être, plus de reflet.
Ma sanctification résidera aux œuvres.
Ma communion daïmonique est rompue.
Plus de voix à entendre, plus de voyance auguste.
Le> émanations d'en bas seules viendront.
Le mystère ne sera plus que L'ombre.
Le principiel désormais me luira.
Ma Numération ne sera plus ternaire.
La Forme vam'obscurer tout entier.
Je ne me tiendrai plus debout devant la grande face.
Rien ne m apparaîtra, avertisseur d'en haut.
Ma Gloire s'est muée en périssable chair.
L'Arcane fermé, le nombre muet.
Je me froidirai, en sagesse stérile.
La notion du juste hésitera en moi.
Infidèle à mon Verbe, je me dédirai tout.
Je ne découvrirai rien de caché, désormais.
Ni maudit, ni béni, je tombe dans le neutre.
Mon vouloir sera feu dans le vent.
La grande joie mourra, la joie de l'un.
Je décroîtrai, toujours jusqu'à finir.
Mon instabilité semblera d'une femme.
J'aurai perdu l'analogie, clé des rapports.
L'épreuve sera vaine et sans fruit.
Ma modalité s'arrête à l'imparfait.
Inerte, j'oublierai l'arcane de créer.
Orbitré à moi-même, inconsistant.
Le mirage me dupera l'esprit.
Mon corps sera flottant et malaisé.
Je perds ma place au chœur sphérotique.
La perpétuité se fera d'aujourd'hui.
Las!
Entre la Science et l'Amour, comme Alcide autrefois : Athèné, Aphrodite, m'entourent, parcoureur interrompu des trente-deux voies saintes.
TELETIE
Il est écrit au cœur du monde, au cœur de l'homme, au cœur île Dieu, que la nature et l'être et la Divinité ont pour arme suprême le droit au sacrifice.
Détruire pour créer; renoncer pour avoir et souffrir pour régner, sont les Verbes de force, de joie et de victoire.
Le ternaire est en tout ; le iod serait stérile sans descendre au ctéis qui produira l'enfant.
Ainsi pour satisfaire les besoins de mon âme, il faut que mon esprit s'abdique et lors la femme me donnera le fds commun amour.
Le Mai qui va venir, je lui dédie mes lèvres, et les pourpres d'automne, symbole de maturité, devront me ramener à la pensée austère. Hélas ! je n'y reviendrai pas.
J'ai marché le chemin des extases qui monte au V'enusberg des sens; j'ai marché le chemin des mystères qui mène au pied des Sinaïs; mais je ne puis tenir les deux routes, imparfait que je suis, mauvais mage et vaincu. Mais vaincu fier et souriant qui préfère le bonheur à la gloire et Malchut à Kether.
11 est écrit, en la Kabbale sainte, que dans le Devenir éternel d'Adam Kadmon, le bige doit s'atteler par la paire des coursiers âme et esprit.
Vivre comme l'on pense, élever l'acte au rêve, en un harmonieux accord, proportionner toujours le geste à la
parole, et le nombre à la chose, et l'action au concept: telle est la loi fatale des destinées heureuses, à travers les deux morts.
Eh bien ! je sacrifie l'idéal solitaire à la réalité du duel passionné, et qu'Éros me console, je renonce à Hermès.
Il est écrit au cœur du monde, au cœur de l'homme, au cœur de Dieu, que la nature et l'être et la Divinité ont pour arme suprême, le droit au sacrifice.
PEÂN
0 nature, mère indulgente, pardonne ! Ouvre ion sein au iils prodigue et las.
J'ai voulu déchirer 1rs voiles que tu mets sur la douleur de vivre, el je me suis blessé au mystère... Œdipe à mi-cbemin de deviner l'énigme, jeune Faust qui regrette déjà la vie simple et du cœur. J'arrive repentant, réconcilié, ô menteuse si douce.
1 ;iis ton charme, produis les mirages, je viens m'agenouiller devant ton imposture et demander ma placé de • 1 1 1 1 •< • heureuse. Nous, forces sidérales, (|ui m'avezobéi, \riels. mes hérauts, je \ais vous délivrer. J'abdique le pentacle auguste du Macrocosme, ma double étoile esi éclipsée; vous êtes libres, gnomes, sylphes, ondins et salamandres.
Une dernière fois, servez celui qui vous libère, Élém en tais, larves de mon pouvoir avant «le vous dissoudre, un verbe, un verbe encore !
Sylphes nocturnes, phalènes <lu désir, agacez-la du velours de vos ailes, celle qui va venir.
(.nomes, laisse/ un moment les trésors dont la vue vous enivre, et pousse/ hors du sol l'haleine des diamants admirables pour fasciner les sens de celle qui va venir.
Rosée de minuit, humidité des fleurs, susurrement de l'eau, finance du nuage et buée de la lune. 0 douce
pollution de la nature en rêve, baptise de désir celle qui va venir.
El toi. esprit du feu, brûle et dessèche d'une ardeur imprévue la gorge et la lèvre de celle qui va venir.
A ma voix, qui commande, ô Diable Maëlstron effrayant, impersonnel terrible , tourbillon où bouillonnent les larves de la terre, secouées par les vents du ciel, une dernière fois, nocher maître du flot, je tente sans terreur la chanceuse aventure de le confier mon destin.
J'entre dans ton courant, je le brise et dirige ta course folle au but certain.
Serpent de feu de la lumière astrale, viens ceinturer celle qui va venir.
Baiser, communion des âmes profanes, ostensoir de mensonge, coupe incertaine, je te dédie mes lèvres, savantes désormais à boire sans tarir ta liqueur enivrante
Donne-moi par tes bords de pourpre, humide et ebaude l'oubli de la tiare et du sceptre abdiqués. Donnemoi le bonheur pour compenser la force, si je reste petit, mortel ci semblable à L'humain troupeau qui soutire et crie, fais du moins que jamais les cloches du couvent de Montsalvat ne sonnent l'idéal méconnu du prêtre roi et du chevalier Mage.
Je renonce à Kether, à ses pompes puissantes, à ses œuvres de paix et me donne en Malchut à celle qui vien. dra dans un moment aux lacs charnels que j'ai tendus ici, selon les rites Érotides.
LA DECADENCE LATINE
ÊTH0PÉ1