TN COEUR EN PEINE
t-i Mexico c me Madrid eul ses autodafés. Assassin de
Montézuma, bourreau de Guatimozin ; mais il baptisa s«'s victimes '.
I.i le Pizarre, autre vomi d'enfer, trouva un aumônier pour soigner l'âme d'Alamalpa avant que de le pendre ; us de I Évangile tuèrent tous les enfants màlis du Pérou, bous ToJedo.
tapais i|ii il a porté au\ Lieux de leur pillage viol et bûcher, les monstres très chrétiens, L'Océan se lamente ; il garde dans sa too l'écho des douleurs de ses bords et des crimes commis sur ses ondes
El l'inhumanité de l'Occident a sauvage': la mer, la bonne mère qui jadis caressait 1rs Qancsd'Argo et les pieds d'Aphrodite, aux accents d'un Orphée, aui yeux d'Alcamène, déroulanj ses longues lames fortement rythmées.
LAGNOSO
Rêveries sans objet, vagues tendresses, imaginations hardies, papillons diaprés qui frôliez son cœur aux insomnies du pensionnat, aux promenades des vacances. Désirs confus, émois sans cause, jolies tristesses, phalènes qui passiez devant ses yeux au piano le soir, tandis que la famille crétine jouait au nain jaune.
Et vous, nausées du devoir, dégoût conjugal, supplice de la chair qui ne consent pas au viol sacramentel, horreur du stupre journalier, que souffliez-vous à la victime ? qu'il est un devoir ravissant quand l'époux est aimé, que la chair jouit selon qu'elle consent, et que si Dieu unit, c'est l'âme qui se donne et toute et mille fois, au paradisme de l'amour.
Comparaisons, rencontres, découvertes de ce qui serait doux ; propos explicateurs entendus en passant, livres d'évocation qu'on ouvrait au minuit : oh ! les beaux adultères quand, tourné vers le mur, l'époux s'est endormi et qu'immobile on lit comment la Juliette ouvrit à Roméo, l'aveu de Rosalinde. l'aveu de Portia, et les récits du More, la perfidie de Cymbeline. ou bien que l'on frémit à se voir sur la liste de Don Juan, ce fumier pourtant fait de fleurs. Les beaux Léandres en zinzolin et les chevaliers en armure noire d'un vœu, Charudatta gazouillant au jardin, et Medjnoun ardent pour Leila, et Xamek épuisant ses soupirs en l'honneur d'Adra. Antar le chevalier d'Ibla ; entendre le gazouillis
>' C.OF.l R BN PEINE I il
de Ni/ami ou d'Hafiz, voiries tristesses de Beaudelaire, la mélancofie de Musset. Ohl 1rs beaux adultères avec des fils de roi, kalenders un moment, et le petit Jehan, Chérubin, Daphnis el Paul el même des Grieux ! Pourtant, péché mortel ! • Tu dois tes sens, tu dois tes rêves à cet homme qui « 1» n-t au même lit que toi.
— Je ne l'ai pas choisi », répond l'âmè rêveuse. Et la voix : — ■ Par ce mot, tu maudis tes parents; si le crime n'est pasà toi, il esl leur. »
Obéir n'est donc pas le vrai devoir; on se perd en obéissant suis comprendre. S'entêter, voilà le vrai destin conscient; mais la voix : — i Vouloir sans connaître, et savoir a seize ;m^ ce que le vieillard sur la tombe penché souvent ignore ! <>h 1 impossible de cela '.
Cependant, tu savais préférer un danseur aux autres, pour faire un long voyage, s'il t'eût fallu choisir an compagnon.
— i J'aurais voulu de dix ans plus âgé, destiné à la gloire, mais blond et la voix caressante. •
La voix ici ricane : — • Ne te souviens-tu pas d'un clair de lune, sur le> bords >\u Léman? au salon de l'hôtel, un homme que tous regardaient ne regardait personne. \ ce moment, je t'ai soufflé : c'est LUI.
alors la pauvre âme s'effare:* Qui n'a pas la force d'aller vers son rêve perd le droit au bonheur. » El la voix se résout dans le silence remuant.
COPERTO
Les flots doivent s'aimer, si éphémère que soit leur étreinte. Ce bruit naissant au loin et qui s'avance et enfin éclate au rivage est ou peut être un aveu ! Ce gonflement, qui part de l'horizon et court se grossissant jusqu'à la grève, c'est peut-être une amoureuse poursuite ? Cette vague qui monte et crève sur celle qui la précède, c'est peut-être un spasme qui achève de se tordre sur le galet ? Ainsi Bêlit entend en elle l'appel croissant et déçu de son cœur qui attend. Ainsi, sa gorge se gonfle et bat dans un vain soupir, puisqu'elle ne sait à qui le dédier !
Ainsi, cette anxiété de l'heure sera peut-être l'anxiété de beaucoup d'heures, avanfTinstant béni de la noble rencontre, et à mi-voix, elle murmure : « Oh! qui agitera sur moi le thyrsc rayonnant où j'enroulerai mes caresses comme les frondaisons d'une vigne heureuse. »