‹ La Queste du GraalChapitre 52 sur 62 · EXORDE · texte numérisé non relu

EXORDE

La parole n'appartient aujourd'hui ni au sang, ni à la gloire : Epouse désolée, I- ils pleurant, Esthètes tresseurs de couronnes. Chrétiens édifiés, Secouruus reconnaissants : voix, les plus claironnantes pour le témoignage d'une vie de lumière, vous êtes muettes ; vous voilà arrêtés comme obéissants à un présage auguste, pleurs légitimes ".

oui donc va parler, pour un tel silence ? L'orgueil d'un fils, l'hommage précurseur de la postérité, l'estime publique el celle intime ; unanimité des partis d'une province, droil de la consciente amitié : tous ces hérauts se taisent, quoique agenouillés, devant cette existence cessée.

Voyez, voyez venir du sein de l'invisible, cette flamme de Pentecôte ! Elle se penche sur ce catafalque : est-ce un ange, un saint, un génie, 0 merveille ! c'est l'idée romaine, c'est l'abstrait catholique, c'est un rayon du Saint-Esprit lui-même, c'est l'Archée.

Voyez, l'Archée semble baiser et bénir ce front froidi, si longtemps son tabernacle, et au-dessus du deuil que je mène, dans l'Ether, voilà qu'elles s'émeuvent, vermeilles, les idées absolues; entendez-vous l'Elinus frémir sur les harpes ! Oh ! les sublimes pleureuses ; Oh ! gemmation ineffable pour une suprême couronne, ces larmes de la pensée des Cieux !

L'ignorez-vous, Pairs ? L'histoire de l'univers n'est rien autre que l'aventure humaine des entités verbales éternellement antérieures à toute création et à toute créature ! De l'Abstrait se modalisant, les anges naquirent et leurs neuf chœurs forment la décroissance réalisatrice, l'aboutissement sériel des Séphirots en Malchut.

A cette hauteur où je monte, dévoilant plus panoramique l'horizon du chrétien, découvrez vous-même le dernier tableau du drame nominal. Un océan d'oubli aux vagues de poudre, stagne: des patries et de leurs patriotes, chars de guerre et machines de progrès, plus rien que des atomes de néant, plus rien que de la poussière dans l'oubli : seule vivante, la rose sainte, épanouie et colossale enserre et baise de ses pieuses volutes, la Croix rédemptrice.

Ainsi, au dénoûment de l'individu, poudroie la vacuité des agitations usuelles : ce qui fut le citoyen et le terrestre rentre à la terre, cité du corps, tandis que l'Ange de la mort descendu, incante : « Rose d'Éternité, Beauté d'Amour, es-tu présente ! — Croix d'immortalité, effort vers l'absolu, revèle-toi ! »

Alors, tout l'être se résout en un diamant d'abstrait, l'Ame s'épanc uit rosacée autour du Tau spirituel, insigne

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