Osteria : auberge, cabaret ; casale : maison de ferme
mulets, sur les pavés de la via Casilina, nous arrivons à Pantano.
Le domaine dont le nom caractéristique signifie marais compte 2 000 hectares et appartient au prince Scipion Borghèse, le député et le sportsman bien connu. Celui-ci, voulant transformer sa propriété, chercha un fermier en Lombardie, il trouva les frères Gibelli qui constituèrent pour l'exploitation du domaine la Société agricole loiiihardo-laliale en commandite simple au capital de 600 000 francs. C'est un cas assez fréquent dans la mise en valeur des latifundia que l'entrée en scène d'une société de capitalistes. Ainsi la Société latiale agricole a été fondée en juin 1906 au capital de 1 200000 francs par des Milanais et des Romains en vue de l'exploitation des domaines de Zambra et de Campo di Mare situés près de Palo sur la ligne de Civifavecchia et comptant ensemble un millier d'hectares : il y a à exécuter de grands travaux hydrauliques, h Istititto di Fondi rustici, société anonyme au capital de 2o millions, possède dans la Maremme toscane et dans les provinces méridionales d'immenses domaines qu'il met en culture.
Bien que Pantano soit en dehors de la zone de bonification, le propriétaire avait fait établir un plan d'améliorations d'après lequel les terrains étaient divisés en quatre catégories. Sur les terrains irrigables on devait faire des marcite ; sur les terres profondes mais non irrigables, des cultures et des prairies artificielles ; sur les collines à sol profond on devait faire des cultures arborescentes et les collines à sol maigre devaient
rester en pâturage. Les dépenses prévues s'élevaient à 433 905 francs '. Ici, comme ailleurs, si on a suivi les grandes lignes du plan, imposées du reste par le bons sens et les conditions du lieu, on en a complètement négligé les détails. Il est permis de se demander alors de quelle utilité ■sont les plans de bonitication ; la marche à suivre est indiquée par le but à atteindre, et un fermier intelligent et instruit saura aussi bien qu'un fonctionnaire dans quel sens il doit orienter son ■exploitation ; quant aux prescriptions de détail, «lies sont souvent inapplicables par suite de difficultés imprévues que révèlent les travaux, et le cultivateur, aidé des conseils des techniciens, est le meilleur juge des moyens à employer pour y parer. Si, d'autre part, propriétaire et fermier veulent maintenir le statu quo, l'exjiérience a démontré que ce n'était pas l'existence d'un plan •de bonification qui pouvait triompher de leur inertie.
Le bail de Pantano a une durée de vingt ans. Les fermiers s'engagent à cultiver rationnellement, à fumer les terres et à entretenir 200 bêtes à cornes la première année, 300 la troisième et 600 la sixième. Le prix de ferme est fixé àl It) 000 francs. Les améliorations sont faites avec l'autorisation du propriétaire et à ses frais, mais d'après des prévisions générales acceptées par les deux par-