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IX. — DIFFICULTÉS DE L’AGRICULTURE INDUSTRIELLE

plus ces maisons de campagne s’éloignent de la ville et chassent les paysans de chez eux.

L’accroissement de la plus-value se manifeste encore dans le développement de la chasse, qui cesse d’être un privilège féodal et devient un plaisir bourgeois. Le résultat en est, d’un côté, un développement des forêts aux dépens de la propriété paysanne, de l’autre, un respect excessif et un accroissement de l’état du gibier, même sans une extension territoriale des forêts. Celles-ci ne sont pas seules en effet ^procurer la pâture du gibier ; il en trouve une bien meilleure dans les champs et dans les prairies.

L’extension des forêts est tout aussi funeste à la culture paysanne que l’accroissement du gibier. Cependant le développement de la chasse peut, dans certains cas, faire du bien aux paysans. Ce sport se répand tellement que, dans certaines communes qui louent leurs chasses, la demande surpasse l’offre, si bien que le fermage de la chasse s’élève. Un lièvre alors devient très cher, et le paysan peut avoir de l'avantage à nourrir avec ses produits des lièvres et des perdrix au lieu de vaches et d’hommes. Il y a des villages qui tirent un profit considérable du fermage de leurs chasses. Mais l’exploitation rationnelle de l’agriculture est toujours contrariée par l’extension de ce sport.

L’accroissement de la plus-value dans les villes crée des tendances nuisibles à l’agriculture, comme l’augmentation de la rente foncière et le droit de succession. Pour ce qui est de ce dernier, les économistes reconnaissent d’autant mieux ses effets nuisibles qu’ils ont plus de raisons de s’intéressera l’agriculture. Mais comme représentants des intérêts de la société bourgeoise , ils ne se décident pas, en général, à vouloir la suppression du droit de succession en ce qui concerne la terre et à réclamer la propriété collective; théoriquement cette propriété collective de la terre n’est pas absolument inconciliable avec la société bourgeoise, mais la bourgeoisie ne sent que trop

bien, par instinct, que les différents domaines de la société bourgeoise sont étroitement unis, s’influencent mutuellement. C’est pourquoi elle se défend résolument contre la propriété collective du sol bien qu'elle soit conciliable avec la production capitaliste et bien qu’il soit vrai qu’elle pourrait débarrasser l’agriculture de quelquesunes de ses charges les plus lourdes, de charges qui s’accroissent de génération ep génération.

Les économistes bourgeois préfèrent traiter seulement les symptômes de la maladie, par exemple imaginer des formes de crédit particulières pour alléger l’endettement, conséquencé des successions. Le plus souvent ils considèrent les deux systèmes de succession, le partage égal et la monopolisation de toute la succession par un membre de la famille, comme également nuisibles et ils

concluent . que tous les deux sont nécessaires, et que

l’un doit être l’antidote de l’autre. Si en Angleterre c’est une forme du fidéicommis qui l’emporte et en France la répartition égale, l’Allemagne est, par contre, la terre promise où les deux systèmes se développent concurremment. Ce qui 11e veut pas dire que l’agriculture allemande soit en meilleure posture que celle des deux autres pays.

Mais la série des facteurs nuisibles à l’agriculture qui dérivent du mode de production capitaliste ou en reçoivent une force particulière n’est pas encore épuisée.

d) L exploitation de la campagne par la ville.

Nous avons vu comment augmentaient la rente foncière et l’endettement des agriculteurs. Une partie seulement de la rente foncière et des intérêts de la dette reste à la campagne pour y être consommée ou accumulée ; la plus

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