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IX. — DIFFICULTÉS DE L’AGRICULTURE INDUSTRIELLE

beaucoup à la diffusion cle la tuberculose dans le gros bétail ; au lieu de 600 pieds cubes, une vache n’a le plus souvent que 200 pieds cubes d’air, et on ne prend aucune disposition pour isoler les animaux contaminés. D’après un témoignage, il faudrait, si la loi sur les étables était réellement appliquée dans le district de Cliorley, démolir les 7/10 des constructions » (1).

Une des causes qui favorisent les ravages desinsectes nuisibles à l’agriculture est la disparition des oiseaux insectivores, qui n’est pas due seulement à la chasse qu’on leur fait, mais encore et surtout à ce fait que les progrès de la civilisation suppriment les endroits où ils peuvent faire leurs nids, les arbres creux, les haies vives, et les remplacent par des clôtures de fil d’archal, etc. Dans l’exploitation forestière, c’est la grande exploitation moderne, c’est le remplacement de la méthode des éclaircissements des bois par celle de la coupe des taillis, des arbres à bois feuillu croissant lentement par les arbres toujours verts qui se développent rapidement et qui acquièrent vite une valeur marchande, c’est tout cela qui favorise la dévastation des forêts par les animaux nuisibles.

Si les procédés modernes d’élevage et d’exploitation diminuent la force de résistance des plantes et du bétail contre les petits organismes qui les menacent, le développement moderne des communications permet à ces / animaux nuisibles de se répandre promptement et de dévaster des contrées entières. Les produits deviennent délicats en même temps que le sol s’appauvrit. Aux frais de la fumaison s’ajoutent ceux de la prophylaxie, et quand on recule devant ces frais ou qu’on ne peut les supporter, les mauvaises récoltes, les épidémies, sévissant sur les plantes et les animaux, achèvent la ruine de l'agriculteur.

(1) Ber Bericht der englisclien Agrarenqnete von 1897, p. 363.

3W24 l’agriculture dans la société capitaliste

e) Dépopulation de la campagne.

Le développement des grandes villes, la prospérité de l’industrie qui, comme nous Lavons vu, épuise le sol de plus en plus, et impose à l’agriculture des charges de plus en plus lourdes en augmentant les frais de la fumaison qui a pour but de remédier à cet épuisement, a d’autres effets encore. Elle lui enlève encore ses ouvriers.

Nous avons vu au chapitre vu que le développement de la grande exploitation agricole chasse de la campagne les petits paysans qui constituent la véritable réserve de travailleurs agricoles. Ce procès a cependant ses limites.

D’un autre côté, nous avons étudié au chapitre précédent les émigrations et immigrations périodiques qui résultent de la nécessité de profits accessoires pour le petit paysan. Ces déplacements enlèvent également à L agriculture les ouvriers qui sont indispensables à une exploitation rationnelle ; mais d’autre part ils amènent à l’agriculture de nouveaux capitaux enlevés à l’industrie et qui favorisent une exploitation rationnelle.

Mais l’abandon des campagnes qui est produit par la force d’attraction que possèdent les grandes villes et les contrées industrielles, a de tout autres effets.

Dans les villes, les salariés trouvent bien plus facilement à s’employer qu’à la campagne; ils trouvent plus facilement l’occasion de fonder un ménage indépendant; ils ont plus de liberté et plus de civilisation. Plus la ville est grande, plus tous ces avantages sont marqués, et plus l’attraction est forte.

A la campagne, on ne peut fonder un ménage indépendant, une famille, qu’en acquérant soit par achat soit par

fermage une exploitation agricole indépendante. Cela devient particulièrement difficile dans les régions où la grande exploitation se développe ; c’est pourquoi les habitants de ces régions ont des motifs particulièrementpuissants des’en aller vers la ville. Mais aussi dans les pays où le sol est très morcelé, la fondation d’un ménage rencontre de nombreux obstacles. L’accroissement de la population fait hausser le prix du sol, et rend difficile même pour les fils de paysans de fonder un ménage nouveau. C’est encore plus difficile pour les domestiques, valets et filles de ferme. Ceux-ci sont souvent condamnés à rester leur vie durant exclus non seulement de là propriété, mais aussi de la famille et du mariage, attachés comme des accessoires à un foyer étranger. 11 n’y a pour eux qu’un moyen d’arriver h findépendance et à la liberté, au mariage et à la famille ; et ce moyen, le protecteur de la famille, le défenseur du mariage, le gros paysan plein de piété, le hobereau dévot le lui interdisent : c’est de s'enfuir à la ville chez les social-démocrates, ces gens sans moralité qui ruinent le mariage et la famille. Combien ce motif est puissant aux yeux des domestiques agricoles, c’est ce que démontrent quelques passages d’une brochure d’un paysan qui partage la vie et les sentiments des domestiques. On y lit:

« Mais encore aujourd’hui sous aucun autre rapport la liberté et la dignité humaine ne subissent d’aussi graves atteintes que dans la situation qui est faite en ce qui concerne le mariage aux domestiques et aux travailleurs agricoles qui ne possèdent rien. Comme on sait d’ailleurs quelles difficultés rencontre la conclusion d’un mariage, il n’est pas nécessaire d’en dire davantage à ce sujet et nous passons immédiatement aux conséquences qui résultent de cette situation. Comme le plus grand nombre des hommes normalement constitués ne peuvent pas réprimer complètement l’instinct sexuel, mais que d’autre part la situation actuelle de la société n’est pas telle que

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