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IX. — DIFFICULTÉS DE L’AGRICULTURE INDUSTRIELLE

jour pour eux aussi à côté des autres difficultés dans lesquelles se débat cette classe d'exploitations.

Aujourd’hui déjà les moyens paysans cessent tout à fait d’être conservateurs, c’est-à-dire d’être satisfaits de l’état de choses présent. Au contraire, ils sont aussi désireux de changer cet état de choses que les socialistes les plus intransigeants, mais ils le changeraient dans un tout autre sens. Cependant ils ne feront pas de révolution ; ils ne détruiront pas l’Etat, quelle que soit parfois la sauvagerie de leur conduite mais ils cessent d’être des défenseurs de l’ordre de choses établi. La crise agraire s’étend à toutes les classes productrices de l’agriculture ; elle n’épargne pas les moyens paysans.

LA. CONCURRENCE DES PRODUITS d’OUTRE-MER ET L’iNDUSTRIALI- SATION DE LAGRICULTURE

a) V Industrie d' exportation.

Les chapitres précédents nous ont montré que le mode de production capitaliste, qui a brisé les chaînes delaféoda- Ü té et donné une impulsion extraordinaire à l’agriculture, impulsion qui lui a fait faire plus de progrès en quelques dizaines d’années qu’elle n'en avait fait pendant mille ans, que ce même mode de production développe des tendances qui gênent toujours davantage l’agriculture, et aboutit à ce résultat que les formes de propriété correspondant au mode de production moderne deviennent de plus en plus contraires aux besoins d’une culture rationnelle.

Les tendances déprimantes se faisaient sentir déjà depuis longtemps, mais elles ne gênèrent que très peu l’agriculteur et le propriétaire foncier, tant qu’il fut en mesure de rejeter sur d’autres, sur les consommateurs, les charges qui en résultaient ; tant que cela dura, depuis l'écroulement de l’Etat féodal, ce fut un âge d’or pour l'agriculture, et il dura jusque vers le dernier quart du dix-neuvième siècle.

« Le Mémoire élaboré au Ministère de l’agriculture en novembre 1859, sur les mesures politiques à prendre

pour l’encouragement de l'agriculture en Prusse, disait avec raison, comme le remarquait Meitzen (1) : a Les effets qu’on attendait des lois agraires n’ont pas tardé à se produire ; au lieu du relâchement c’est une heureuse activité qui s’est emparée de la population agricole... Le concours de circonstances favorables a répandu parmi les propriétaires paysans aussi bien que parmi les propriétaires de terres nobles un bien-être général, et les prix d’achat de toutes les propriétés se sont démesurément élevés par suite de l’entière liberté de la culture, et de la concurrence illimitée des acquéreurs. »

Le langage des ministres de l’agriculture prussiens est tout autre aujourd’hui.

Jusque vers le dernier quart du dix-neuvième siècle, les prix des vivres ont certainement haussé, contrairement aux prix des produits industriels. Ils ont, en bien des cas aussi, monté plus vite que les salaires, si bien que les ouvriers ont vu leur situation empirer non seulement comme producteurs (la quote-part de la plus-value augmentait, c’est-à-dire que leur part de la valeur produite par eux diminuait), mais aussi comme consommateurs. La prospérité de l’agriculture est née de la misère croissante du prolétariat.

1000 kiiogs de froment coûtaient d’après J. Conrad en

(1) Meitzen, Ber BocLen und die landwirthschciftlichen Verhüllnisse des preussischen Staats , I, 440.

(2) (Mk = mark = 1 îr. 25).

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