‹ La question agraireChapitre 130 sur 189 · cents · texte numérisé non relu

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Le transport de 100 livres de blé coûtait par voie ferrée de Chicago à New-Y^ork 25 cents en 1893, 20 cents en

Ce développement des moyens de transport a profondément modifié la situation de l’agriculture européenne.

Les produits agricoles se distinguent, comme on l’a déjà remarqué, par leur faible valeur spécifique, c’est-à-dire qu’ils contiennent sous un gros volume et avec un gros poids relativement peu de travail humain, ainsi les pommes de terre, le foin, le lait, les fruits,, le blé et la viande môme. Beaucoup ne supportent que difficilement le transport à de longues distances : la viande, le lait, un grand nombre de fruits et de légumes. Avec les moyens de transport primitifs, le transport de ces produits revenait très cher, l’envoi à des distances un peu grandes était presque impossible. Le ravitaillement du marché de la ville restait essentiellement une affaire locale, n'intéressant que le voisinage immédiat. Celui-ci avait le monopole de l’exploitation des consommateurs de la ville, etil en usait largement. Les frais de transport élevés des produits qu’il fallait faire venir de propriétés plus éloignées pour suffire aux besoins de la ville, faisaient monter la rente foncière différentielle des propriétés les plus rapprochées. Les difficultés croissantes qui empêchaient d’étendre au delà d’une certaine limite la zone d’approvisionnement permettaient encore d’élever à l’excès la rente foncière absolue.

La construction des chemins de fer ne changea pas grand’chose tant qu’elle resta limitée aux pays de grande industrie. Ils ouvrirent bien aux marchés des villes de nouvelles sources d’approvisionnement, mais les propriétés ainsi appelées à expédier des subsistances produisaient dans les mômes conditions que les propriétés voisines de la ville. Avant tout ces chemins de fer eurent pour résultat de développer extraordinairement le marché des villes. Ce sont eux qui rendirent possible cette croissance rapide, cette extension énorme des grandes villes qui caractérise notre époque. Mais ils ne firent pas baisser la rente foncière. Au contraire, depuis le commencement de la construction des chemins de fer jusque vers 1880, la rente foncière monta très rapidement dans

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