TABLEAU IV
Naturo
du
terrain
Pioduit froment
quintaux
Avance de capital
francs
Taux du profit
Prix
de production particulier
Prix
de production général
Rente foncière
francs
total
francs ^
par (
quintal '
francs ;
total .
francs ^
par 1
quintal '
francs y
Le prix de production a baissé, le terrain B a cessé d’être cultivé. Le terrain À a cessé de donner une rente, la rente foncière du terrain X est tombée de 1000 francs b 440 francs, et cependant la masse totale de la rente foncière s’est élevée de 1500 francs (tableau III) à 1768 francs (tableau IV).
Cela ne changerait rien à l’exemple, si au lieu de morceaux de terrains isolés, on tenait compte de toutes les espèces de terrain d’un pays ou même de l’exploitation du monde entier. La sëule différence serait qu’au lieu de centaines et de milliers, il s'agirait alors de centaines et de milliers de millio?is.
Cene sont pas seulement les différences de fertilité des terrains qui constituent la rente foncière, mais encore les différences de situation , d’ éloignement du marché . Plus la population d’un centre s'accroît et fait croître du même coup la demande de vivres sur le marché, et plus grandes sont les distances où il faut aller les chercher. Mais les terrains les plus éloignés ne sont défrichés pour le marché qu’au moment où les prix des vivres ont monté à tel point qu’ils couvrent, outre les frais de production, les frais de transport, et donnent le profit moyen du capital. Il en résulte alors une rente foncière pour les terrains les plus proches du marché.
Supposons trois terrains, inégalement distants du marché; admettons pour simplifier qu’ils sont également fertiles; les frais de transport s’élèvent, pour le produit du froment par exemple, à un centime par quintal et par kilomètre. Nous avons alors :
Terrain
Distance
du
marché
kilomètres
Produit
froment
quintaux
Prix
de
production particulier au lieu do
production
francs
Frais
de
transport
francs
Prix
au
marché
de
400 quint, froment
francs
Rente
foncière
francs
Cette sorte de rente foncière a, elle aussi, une tendance à croître proportionnellement à l’accroissement de la population. Mais le perfectionnement des moyens de communication, qui diminue les frais de transport des vivres, agit en sens inverse.
Enfin, il y a encore une troisième espèce de rente foncière possible, et c’est celle qui devient la plus importante dans les pays de vieille culture. On peut accroître la production des vivres non-seulement en défrichant un terrain non encore cultivé, mais encore en améliorant le sol déjà soumis à la culture, en y employant plus de travail, bref, en avançant un plus grand capital (dépenses pour les salaires, le bétail, les engrais, les instruments, etc.). Si ce capital additionnel, employé sur un terrain meilleur, réalise un bénéfice plus grand que celui qui serait réalisé en cultivant le terrain le plus mauvais qu'on serait obligé sans cela de défricher, le bénéfice additionnel constitue un nouveau profit extraordinaire, une nouvelle rente foncière.
Pour le montrer par un exemple, nous reprenons le
110 l’agriculture dans la société capitaliste
tableau I. Nous avons là deux terrains de meme grandeur, A et B. Admettons que B fasse partie du plus mauvais terrain et que son prix de production (10 francs par quintal de froment) soit le prix courant sur le marché. Supposons donc que l’on fasse sur le terrain A une nouvelle avance de fonds, que l’on double par exemple le capital primitif, et que le nouveau placement ne soit pas aussi productif que le premier, mais soit plus productif que le placement fait sur le terrain le plus mauvais. Nous trouvons alors :