VII. — LES LIMITES DE L’EXPLOITATION CAPITALISTE
Noms
des propriétaires
Etendue en hectares
Nature
Propriétés en Moravie de l’arche
vêcjue d’Olnmtz . . . . . . .
Ct
Propriétés en Bohème, en Moravie, en Basse Autriche de l’empereur
François Joseph .
Propriétés en Hongrie du comte
) 2 domaines avec 44
Schônborn-Buchheim .
Propriétés en Bohême du prince
> métairies et 10 can- ) tons forestiers
de Sclrvvarzenberg .
20 domaines
Propriétés en Moravie, en Bohême,
en Silésie du prince. Lichtenstein.
Propriétés en Hongrie et en Silésie
)72 districts économi-
de l’archiduc Albrecht ....
Propriétés en Hongrie du prince
► ques, 780 métairies,
) 58 cantons forestiers
Esterhazy . . . . .
35 domaines
Cette sorte de centralisation du sol, la réunion de différentes propriétés en une seule main, ne modifie pas plus fétendue des exploitations particulières que la centralisation au moyen des banques hypothécaires. Mais elle se distingue de cette dernière en ce que la centralisation de la propriété entraîne aussi une centralisation de l’administration et donne naissance ainsi à une nouvelle forme d’exploitation, le latifundium. C’est sous cette forme, et non par l'extension à l’infini des exploitations particulières, que se développe dans l’agriculture l’exploitation monstre moderne, et cette forme n’a pas plus de limites que la centralisation des capitaux.
On fraye ainsi la voie au genre de production le plus parfait dont l’agriculture moderne soit capable ; la réunion de plusieurs exploitations dans une même main conduit tôt ou tard à leur fusion en un organisme unique, à une division méthodique du travail et à la coopération des exploitations particulières.
C’est ce qu’illustreront quelques passages du Manuel d’exploitation de G. Krafft (p. 167 et suiv.) qui connaît, pour les avoir étudiés par lui-même, les latifundia autrichiens.
232 l’agriculture dans la société capitaliste
« La grande propriété foncière (c’est le nom que donne Krafft au Latifundium) se constitue parla réunion d’un certain nombre de grandes propriétés ou de domaines appelés aussi mais improprement Herrschaften (seigneuries). Quand les propriétés sont extrêmement étendues, les domaines sont réunis en groupes : les districts domaniaux. »
L’organisme administratif du latifundium est constitué à peu près de la manière suivante : à la tête, le propriétaire, qui anime lui-même la direction, ou, et c’est là le le cas le plus fréquent, la confie à un bureau central. « La surveillance d’un groupe de domaines ou d’un district est confiée à un conseil d’exploitation (ou à un inspecteur économique). » Vu le développement extraordinaire des latifundia en Autriche, Krafft se sert de la terminologie en usage dans ce pays. « Le conseil d'exploitation a à surveiller l’exécution des plans d’organisation relatifs à chaque domaine qui ont été approuvés sur le rapport du bureau central... Il préside les conférences annuelles de tous les comités d’administration des domaines, et il y détermine les relations qui doivent exister entre les différents domaines. Il donne*son avis sur les comptes des comités d’administration des domaines concernant les résultats obtenus pendant l’année écoulée, ainsi que sur les propositions des comités relatives aux améliorations et aux modifications à faire l’année suivante dans l’exploitation, et il les renvoie au bureau central pour les faire approuver par le propriétaire.
« Pour un groupe de domaines il y a souvent avantage à réunir en une seule main certains services d'organisation. Aussi arrive-t-il fréquemment que le soin de fixer les principes de l’élevage, et la direction d’ensemble de l’élève, divisée d’après les espèces, soient confiées à des spécialistes (inspecteur des bergeries, etc.). Grâce à une organisation de ce genre, on obtient sans conteste de bien meilleurs résultats que quand la direction du service est répartie entre un certain nombre de personnes.