‹ La Question albanaiseChapitre 28 sur 36 · AROUIVIAINS DE L'ALBANIE MERIDIONALE · texte numérisé non relu

AROUIVIAINS DE L'ALBANIE MERIDIONALE

La Grèce a demandé à la Conférence de la Paix de Paris, entre autres, la cession de la partie de l'Albanie méridionale qu'elle n'avait pu obtenir de la ("onférence des Andiassadeurs de Londres, en 1913. Pourtant, cette région est purement albanaise parce que, dans une population de 290.812 âmes, il n'y a que IG.OOO (Irecs qui, d'ailleurs, ne sont que des Albanais orthodoxes ou des Roumains grécisés, comme il ressort de l'étude de leur type physique et de leurs traditions. Albanais et Roumains ont toujours protesté contre la domination qu'on leur a imposée. Ils ont souffert ensemble et ont été toujours d'accord dans la défense de leurs nationalités menacées par la propagande grecque. Ces Roumains ou Aroumains, derniers vestiges vivants des légions romaines qui ont parcouru et ont dominé la Péninsule lialkimique, se trouvent éparpillés partout : en Albanie, eu Macédoine, dans le Pincle, en Thessalie, etc. Ne formant pas un groupe compact, ils ne pouvaient penser à constituer un Etat propre et vu la situation géographique, ils ne pouvaient penser non jjlus à une union éventuelle avec la Roumanie. Confiants Jans l'amitié fraternelle que leur avaient montrée les Albanais dans toutes les occasions et poussés par l'affinité d'origine, de traditions et d'intérêts qu'ils ont avec ces derniers, les .\roumains ont vu dans l'incorporation à l'Ktat albanais l'unique refuge pour la sauvegarde de leur nationalité. Cette idée date du temps d'Apostol Margariti, le pionnier du nationalisme aroumain, et s'est manifestée toutes les fois qu'il fut question d'un remaniement de la carte balkanique. Ils ont ])rotesté sans cesse contre la domination grecque qui les soumettaient aux pires persécutions, mais leur voix, malheureusement, n'a pas été écoutée. Voici ce qu'ils disent dans une protestation récente :

« Les autorités grecques ont inauguré, après la retraite des troupes italiennes, une vraie croisade contre nos notables du Pinde et de la Macédoine.

0 Les notables de Samarina : Take Beshu, I. Dabura. N. Ica et S. Zuca ont été déportés dans l'île de Zakintos au mois de juin 1919. A ceux-ci on ajouta le directeur de l'école roumaine de Hrupichté, M. Hertsu, et 15 autres de la région de Meglénia. Leurs villages : Luminitsa, Osan, Huma, Lugnista. Cupa, Rerislavaet, le cloître Saint-Archange ont été réduits en cendres. ôO 0 (t de la i)opulation ont i)érî de misère. Aux survivants, les autorités grecques ne ])ermettent pas de retouiner dans leurs foyers; au contraire, elles colonisent la région de Meglénia avec <les familles grecques de la Thrace auxquelles on doime les propriétés des Roumains exilés. Reaucoup de notables ont été tué.s dans les circonstances les plus tragiques, entre autres les instituteurs llristo Papagheorghe d'Osan et Nae Demetrie de Lugountsa, les notables Nicolae Hristu C.ramosteanu de Livezî, lane Ilrîstu et Constandin Papazarcada de Cupa. Dans le village de Livezî, l'usage de la langue roumaine a été interdit et les propriétaires de trouj^eaux qui sont considérés comme nationalistes roumains, sont empêchés de mener le bétail dans leurs montagnes de Livezî.

<• Le jirêtre roumain Papa Dimitrie Ciolac, âgé de 90 ans. accusé d'avoir parlé en roumain, contrairement à l'ordre donné par les autorités, a été battu jusqu'au sang et, jiar dérision, il a été mis tout nu dans un tonneau plein (l'eau pour être de nouveau baptisé afin que le péché d'être Roumain, lui soit pardonné. » D. B.

sergent, vice-sergent-major, sergent-major, aspirant (1).

Les vice-caporaux, vice-sergents et vice-sergents-majors, sont des soldats, caporaux et sergents, qui ont été reconnus aptes à Texercice du grade supérieur, mais qui, faute de vacances dans les cadres, ne peuvent être promus; ils continuent à remplir les fonctions de leur grade réel, à en toucher la solde, mais en cas de- mobilisation générale, ils seront de plein droit promus au grade supérieur. Ils sont le plus souvent possible exercés à remplir les fonctions de ce grade.

Les gradés permanents seront formés dans leurs corps au moyen de pelotons temporaires d'instruction.

Les aspirants sont les élèves-officiers de réserve dont il sera parlé plus loin.

La hiérarchie des sous-officiers de réserve comporte seulement les grades de caporal, sergent et sergentmajor. Ces sous-officiers se recrutent parmi les gradés et soldats des cadres permanents et parmi les hommes du service obligatoire.

Les vice-caporaux, vice-sergents et vice-sergents-majors sont promus de plein droit caporaux, sergents et sergents-majors de réserve quand ils quittent le service actif. En outre, tout soldat ayant deux ans de service, tout caporal ou tout sergent ayant deux ans de grade peut être promu au grade supérieur au moment de sa libération, s'il possède les aptitudes nécessaires et s'il existe des vacances en nombre suffisant dans les cadres de mobilisation. Ceux de ces hommes qui ne pourraient êti'e promus, faute de vacances dans les cadres, recevraient un certificat d'aptitude et pourraient être nommés à la suite d'une des périodes de répétition.

Les hommes du service obligatoire qui désirent obtenir la qualité de sous-officiers de réserve doivent, lors de leur incorporation, déclarer qu'ils consentent à accomplir un service supplémentaire de deux mois, s'ils sont promus caporaux, et de quatre s'ils sont promus sergents. Ces hommes sont instruits dans des pelotons spéciaux, et s'ils font preuve des aptitudes nécessaires, ils sont, au moment du renvoi de leurs camarades d'âge, promus caporaux ou vice-sergents selon leur classement. Après deux mois de service supplémentaire,

(1) Ces dénominations sont provisoires, elles seront arrêtées définitivement quand on étudiera et fixera le vocabulaire militaire albanais.

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lis ca])()raiix sont congédiés coniiîK' caporaux de réserve, les vice-sergents restent encore deux mois pendant lesquels ils remplissent exclusivement les fonctions de sergent : ils sont i)ronms à ce grade au moment de leur libération.

En principe, les emplois de sergent-major dans k's unités mobilisées seront remplis par d'anciens sousofficiers du cadre permanent. Néanmoins des sergents de réserve pourraient obtenir ce grade en accomplissant un stage supplémentaire de 3 mois dans une unité permanente.

Les officiers permanents seront recrutés parmi les élèves de l'école militaire nationale ou des écoles étrangères et parmi les sous-officiers permanents.

Il sera institué, pour Tensemble de l'armée, une école militaire comprenant 3 divisions :

1" Elèves provenant des écoles civiles.

2° Sous-officiers élèves-officiers.

3° Elèves-officiers de réserve.

Dans chacune de ces divisions certains cours spéciaux seront faits aux élèves se destinant aux armes autres que l'infanterie ou aux services administratifs.

Les élèves de la 1"^ division seront admis soit au concours soit de droit sur la production d'un diplôme (selon le nombre de places et celui des candidats). La durée des cours sera de deux années, a la suite desquelles les élèves seront promus sous-lieutenants et répartis dans les unités permanentes et les diiïérents services de l'armée.

Les sergents et sergents-majors ayant au moins deux ans de service à partir de leur promotion au grade de sergent, pourront être admis, après examen, à suivre les cours de la 2" division dé l'école militaire. Ces cours dureront un an, après lequel les candidats qui auront satisfait aux examens seront promus sous-lieutenants.

Au cas où tous les emplois de sous-lieutenants du cadre permanent ne seraient pas remplis par les officiers des catégories ci-dessus, on pourrait nommer directement des sous-oflicicrs comptant 10 ans de service et au moins 5 ans de grade de sergent ou sergent-major.

Les jeunes gens possédant un degré déterminé d'instruction générale et les aptitudes physiques nécessaires.

pourront à partir de l'âge de 18 ans, contracter un engagement volontaire de 18 mois. Ils seront envoyés pendant un an à l'école militaire pour suivre les cours de la 3« division. S'ils satisfont aux exantens de sortie ils seront promus aspirants et affectés à une unité permanente dans laquelle ils feront le service de lieutenant. A l'expiration de leur engagement, ils quitteront le service actif et seront promus sous4ieutenants de réserve (1).

Les sergents et sergents-majors du cadre permanent pourront, 3 ans au moins après leur promotion au grade de sergent, obtenir un certificat d'aptitude au grade de sous-lieutenants de réserve. Pendant le reste de leur service actif, ces sous-offîcl(ers seront fréquemment exercés aux fonctions de chef de peloton, et à leur libération, ils seront promus' sous-lieutenants de réserve.

Les officiers de réserve pourront recevoir de Tavancement jusqu'au grade de major inclusivement. Chaque promotion (sauf celle de sous-lieutenant à lieutenant) serait précédée d'un stage de 3 mois dans une unité permanente, pendant lequel l'officier remplirait les fonctions du grade pour lequel il est proposé.

Les officiers de réserve appartenant par leur âge au l^"" ban seront soumis aux mêmes obligations que les soldats de la même catégorie. Ceux du 2« ban, pourront être appelés pendant deux semaines tous les deux ans. Les officiers supérieurs, sauf le cas d'incapacité physique, seront réputés appartenir au 2^ ban jusqu'à l'achèvement de leurs obligations militaires.

Les officiers permanents démissionnaires seront classés avec leur grade dans la catégorie à laquelle ils appartiennent par leur âge. Les officiers retraités seront classés dans le 2^ ban et y seront maintenus pendant 5 ans après leur mise à la retraite. Si au moment où ils quittent le service actif, ils remplissent les conditions exigées pour l'avancement, ils recevront au titre de la réserve le grade supérieur à celui qu'ils avaient dans l'armée active.

(1) Etant donné le rôle important des officiers, surtout dans une milice, il est nécessaire que les officiers de réserve aient une instruction militaire sérieuse. On peut espérer, étant donné le caractère des Albanais que les fils des familles notables tiendront à obtenir cette situation malgré la durée du service exigée. Au besoin, on pourrait réduire cette durée à un an, mais ce serait insuffisant pour une préparation sérieuse.

Los officiers de réserve |)rovenant des officiers permanents démissionnaires ou retraités pourraient recevoir de Tavancenient dans les mêmes conditions {|ue les autres officiers de réserve.

La j)lupart des emplois administratifs civils seront réservés, suivant leur importance, aux officiers et sousofficiers de réserve. Les uns et les autres auront le droit de porter leur uniforme et leurs armes dans toutes les cérémonies publiques ainsi que les jours de fête nationale ou religieuse.

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