‹ La question américaineChapitre 18 sur 37 · HISTOIRE DB LA QUABTEBONNE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DB LA QUABTEBONNE

gréable et qui, pour nous, n'implique pas nécessairement l'existence du sang Africain; en fait, nous n'en aurions aucun soupçon à moins d'en être avertis; et c'est une des plus jolies et des plus gracieuses créatures qu'on puisse voir. Allons, et jetons un coup d'œil sur elle. Nous supposerons que nous descendons d'un ballon. Nous ne savons pas où nous sommes, si ce n'est que nous sommes dans une partie quelconque du nord de rAmérique.

L'objet de notre recherche est devant nous et dans un état qui est bien fait pour faire étinceler nos yeux. Son dos a été mis à nu, et dans cette position, avec ses vêtements pendant le long de ses reins, elle se tord sous le fouet, et elle peut bien se tordre en effet, car il est déjà retombé à plusieurs reprises sur son corps nu et sans défense avec une vigueur impitoyable et des effets terribles. Nos yeux étincellent àcette vue, ce qui est assez naturel. Nous invoquons le secours des assistants, dont quelques» uns se promènent d'un air désœuvré; nous nous précipitons pour saisir le fouet, l'arracher des mains du bourreau et détacher la victime. Cependant, à notre grande surprise, les assistants ne voient pas de la même manière que nous ; ils interviennent, mais ce n'est pas pour nous prêter assistance, mais bien pour s'opposer à notre intervention.

M Ne vous mêlez pas de cela, vieux fou. Cette créa-

ture n'a reçu que vingt coups de fouet, et il lui en revient encore dix-neuf. »

C'est donc l'exécution d'une sentence ? Quel peut être son crime ? Nous connaissons Tindignation qui s'est manifestée en Angleterre quand une dame Hongroise fut traitée de cette façon, sous l'accusation, vraie ou fausse, d'avoir empoisonné des soldats Autrichiens — et la clameur générale qui s'est élevée contre le Maréchal Haynau, qui, au dire de personnes bien informées, n'avait rien à voir làdedans, et était éloigné de plusieurs milles de l'endroit où le fait se passait. Sûrement il fallait que son crime fût bien grand pour qu'un tel châtiment produisit si peu d'émotion. Nous nous informons auprès des personnes les plus proches, tremblant d'entendre la réponse.

w Un de nos citoyens s'est épris d'amour pour elle, il l'a demandée en mariage, et elle a consenti à l'épouser. Voilà ce qu'elle a fait, la malheureuse. »

Nous restons pétrifié de l'explication et du ton avec lequel elle nous est donnée. Nous nous tournons vers un autre des assistants, et supprimant, par mesure de prudence, l'éclat farouche de nos yeux et les expressions violentes qui nous viennent naturellement aux lèvres, nous demandons avec autant de douceur qu'il nous est possible : —

«Est-ce qu'elle serait esclave? Et est-ce un

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