‹ La question constitutionnelle de Québec [microforme]Chapitre 10 sur 10 · FR · texte numérisé non relu

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Aie

&Laloi n'indique pas cos causes, at strictoment la destitution d’un lieutenant-gouverneur serait légale, quelque fût In cause assignée, Seulement, les conseillers responsables du gouvernourepénéral devraient rendre compte de la destitution au Sénat et à la Chambre des Communes et leur en faire approuver la cause puis. que la loi exige que le gouverneur-général la leur communique aussitôt que possible.

Cette simple citation prouve à n'en pouvoir douter, que les libéraux eux:

mêmes reconnaissent au pouvoir fédéral cette intervention que leur donne la loi.

Si le pouvoir fédéral a le pouvoir d'intervenir qui pourra l'en empêcher quand il voudra exercer ce droit,

Ilest parfaitement ridicule de parler ici du danger que court notre autonomie lorsqu'il né s'agit tout simplement que de punir un officier prévaricateur, Le lieutenant-gouverneur de la province de Québec a violé notre constitution et on voudrait qu'un tel attentat demeurât im puni. Mais c'est au nom de notre autonomie, qu'on à voulu briser, que je demande à la Chambre d'adopter la motion maintenant devant elle, L'impunité serait une menace continuelle et le maintien du lieutenant-gonverneur dans une position dont il est indigne constituerait un danger constant pour notre autonomie.

Le chef de la dernière administration savait parfaitement quel homme il nous donnait quand il nous envoyÿait monsieur Luc Letellier gouverner la province de Québec. La réputation de cet homme public était parfaitement connue de tous, et si l'honorable député de Lambton (monsieur Mackenzie) l'avait oubliée il aurait pu consulter ce que son ami, l’honorable monsieur Fabre, disait de monsieur Letellier, quand il écrivit le 14 octobre 1863, les lignes suivantes :

& Monsieur Letellier excite chaque jour l'admiration de ses amis et les députés haut-canadiens n'hésitent pas à Le placer immédiatement au-dessous de monsieur Sandfield MacDonald comme intrigant, Ce vertueux démocrate, ce frondeur de tous les gouvernements passés s'ost révélé, durant cette session, maitre dans l'art qu'il a si longtemps flétri, parce qu'il ne lui profitait pas, Ses amis ne se lassent pas de louer ja iccondité de ses ressources, son détachement des scrupules et son mépris absolu des lois et de la probité politique ; monsieur Dufresne (d'Iberville), qui s'y entend en intrigues et qu’il n’est pas facile d'étonner, s'extasie parfois de son assurance. Monsieur Letellier croit qu'on peut tout acheter, il juge tous lea hommes publics comme lui.

C'est cet homme qu'on nous a donné pour lieutenant-gouverneur avec le solennel avertissement de gouverner la pro:

vince de Québec, suivant: les vues -de l'exécutif fédéral et l'injonction positive qu'il serait dénris s'il ne le faisait pas.

I'a été fidèle à sa mission et à constanment subordonné les intérêts de notre province à ceux de l’adininistration Muckenzie et aujourd'hui pour Je sauver du naufrage qui l'attend on vient invoquer l'autonomie provinciale. Quelle dérision |

Encore uré citation, c'est la dernière ; elle prouvera que le coup d'état du 2 mars, de l'aveu même du seul organe autorisé du parti libéral dans le district de Québec, n'était perpétré que dans le seul but de servir les intérêts du parti libéral à Ottawa, sa paisible possession du pouvoir pendant les cinq années à venir, L'évènement, Dieu merci, n'a pas justifié son attente, et les libéraux n'ont pas obtenu du coup d'état tout ca qu'ils avaient hieu d'en espérer,

Voiei ce que dit l'honorable monsieur Fabre dans son Ævénement du 30 octobre

& Pour rester maîtres du terrain dabs nôtre province, il aurait fallu qué les libéraux pussent compter, en toute circonstance sur un concours qu'ils n'ont jamais trouvé dans Ontario, Les libéraux d'Ontario comprennent la politiqué autrement qu'eux, Ils Iles ont une première fois abandonnés en 1864, lors de la con. lition, d'où est sortie la confédération ; ils ne sont jamais entrés complètement dans leurs vues, ils n'ont jamais compris leur situauion particulière. Cette fois, sans les abandonner, ils les ont laissés se débattre comme ils ont pu, sans les mettre en mesure d'utiliser les ressources du pouvoir pour fortifiér üne position toujours menacée par les influences conservatrices si fortes dans le Bas-Canada. Cette absence dé cohésion est si grande que la tentative du 2 mars elle-même, a trouvé monsieur Mackenzie presqu'hostile et n'obténu de lui qu'un concours insuffisant.”

Ce ne sont pas ceux qui ont sans cesse travailler contre l'autonomie de notre province qui doivent aujourd'hui invoquer cette raison pour laisser impuni un acte si attentatoire à nos libertés et à nos intérèêts,

Et d'ailleurs qui demande aujourd'hui l'intervention du pouvoir fédéral, si ee n'est là province de Québec elle-même ?

Sur soixante-cinq membres qu'elle envoie.

à cette Chambre, quarante-huit se. sont

unis, quarante-hinit s'entendent à recla-

mer cet acte de justice que nous demandons aujourd'hui et que cette Chambre nous aidera à obtenir, De quel droit honorable député de Québoc-Est (M, Laurier) peutil parler au nom de notre p'ovince, lorsque notre provincé à répudié presqué tous les. candidats de. son

parti et que lui-même a vu mourir sur le :

champ de bataille tous les amis qu'il est allé secourir pendant les: dernières élections générales. Nous avons plus que lui le droit de parler au nom de la pro:

vince de Québec, puisque nous sommes ici la grande majorité et cast en son nom qué nous demandons justice,

L'honorable député. de Shefford (M.

Huntington) a tenté mais vainement de faire l'éloge de M. Letellier et personne

ue le croit La ve dit que le nom de M. :

Letellier est chéri dans la mémoire du peuple et que si on le destituait il trouverait bien des comtés qui lui tendraient les bras pour le porter ensuite dans cette Chambre, dont il serait l'ornément, L'honorable député aurait pu compléter son information et nous dire si c'est à titre de meuble on d'immeuble, épithète dont on:s'est déj à servi à propos de lui, je‘crois, et de quelques-uns de ses collègues; Nous n’avons-pas cétte crainte, ou cet espoir de l'honorable député de Sheflord, : Le passé est là avec son enseignement et son témoignage irrécusable.

Bien des fois, M. Letellier a demandé à la EU st populaire une place parmi les représentants dé la nation, : IL s'est présenté dans Kamouraska, et Kamouraska a invariablement étouffé (Chacune de ses car.didatures. : Il a tenté la fortune à l'Islet.et l'Islet a trahi ses espérances, Il préfère maintenant les nominations par la Couronne aux élections populaires. S'il veut, comme l'insinue l'honorable député de Shefford tenter les dernières, qu'il descende, donc dans l'arène, Nous sommes prêts à le rencontrer et à le vainere. Le peuple saura ce qu’il à à faire et l’une de ses plus grandes joies sera de contribuer directement à renvoyer dans la vie privée cet homme qui n’est pas fait du tout ponr comprendre les obligations et l'honneur de la vie publique.

En terminant son discours hiér soir, l'honorable député de Québec-Est (M.

Laurier) disait qu'il fallait respecter l'arche sainte de nos libertés. Je partage complètement cette opinion, mais ce que ne doit pas ignorer l'honorable député,

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c'est la punition que méritent ceux qui portent une main sacrilège sur cette arché sainte,

Au temps de’ David, c'est du moins ce que nous apprennent lés saintes écritures, on alla un jour chercher l'arche sainte dans la maison d'Abinadab. Pendant le trajet, l'arche oscilla. L'an des fils d'A:

binadab, Oza, porta la main sur l'arche, Et le Seigneur futirrité d'indignation contre Oza, dit l'Ecriture, et le frappa à cause de sa témérité et'il mourut là auprès de l'arche de Diéu,

L'honorable député de Québec-Est me permettra de compléter la comparaison qu'il a lui-même commencée et de lui lui dire que dans notre province de Québec il s'est trouvé un homme qui à porté la main sur l'arche sainte de nos libertés, non pour en empêcher la chute mais pour

HA

la précipiter lui-même et la” fouler À,ses pieds, Comme Oza, M. Letelliér mérite la mort, politiquement parlant,‘èt j'ai.lal confiance, dans les intérêts: de notre province, qu'il recevra celte punition qu'il mérite pour avoir substituer le gouver:

nement personnel au gouvernement res:

ponsable. Voilà pourquoi noustles mem:

bres bas-canadiens de cette Chambre nous demandons l'adoption de là motion: de mon ami, l'honorable député pour Bagot (M, Mousseau.)

Que la Chambre nous accorde cette justice et toute la province de Québec, loin de se plaindre de l'intervention fédé:

rale; n'aura que bénédictions à donner au parlement honnête, au parlement juste, qui s'élevant au-dessus des intérêts de parti, sera venu À son secours et aura sauvé sa constitution indignément foulée aux pieds.

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