Scène VIII Mathildb, Eusa
Math., entrant. Qu'est-ce que tu fais là?
Élisa. Rien ; je feuilletais cette musique.
Math. Le dernier opéra de monsieur Max Hubert, Il nous l'a envoyé ; j'en ai joué quelques morceaux : ce n'est pas bon. «5 [34]
La Question d'Argent d^ Acte i, Sc. viu
Élisa. Je ne suis pas de ton avis. Monsieur Max Hubert a beaucoup de talent
Math. Il avait, tu veux dire.
Élisa. Qu'est-ce que tu as donc contre monsieur Max Hubert? 5
Math. Je le déteste.
Élisa. Parce que?
Math. Parce qu'il t'a fait du chagrin.
Élisa. A moi?
Math. On a beau être une petite fille, on voit bien lo des choses.
Élisa. Et qu'est-ce que tu as vu?
Math. J'ai vu qu'autrefois tu aimais monsieur Hubert.
Élisa. Tu es folle. 15
Math. J'en suis sûre ; tu l'aimais.
ÉusA. Qui est-ce qui a laissé traîner le verbe aim^r dans la maison? Voilà une petite fille qui l'a trouvé et qui ne sait pas ce que c'est.
Math. Prends la chose en riant, je le veux bien ; 20 il n'en est pas moins vrai que, si tu ne t'es pas mariée, c'est que tu voulais être la femme de monsieur Hubert ou n'être la femme de personne.
ÉusA. Je ne me suis pas mariée parce qu'une fille sans dot ne se marie pas, et c'est ainsi que j'ai 25 atteint les vingt-quatre ans que j'ai aujourd'hui. Quant à monsieur Hubert, la preuve qu'il ne m'aimait pas, c'est qu'il a épousé une femme riche. Peut-être, s'il eût eu le courage de sup- [35]