‹ La question d'argent; comédie en cinq actesChapitre 12 sur 68 · Acte I, Se. viu -^ La Question d'Argent · texte numérisé non relu

Acte I, Se. viu -^ La Question d'Argent

porter quelques années de misère, fût-il devenu ce qu'il promettait d'être, un homme de génie. Au lieu de cela, il s'est endormi dans le bien-être et n'a plus fait en art ce qu'il était appelé à faire. Selon moi, un artiste doit rester maître de sa vie, $ la première condition de l'art étant la liberté. S'il se rencontre une femme assez folle pour l'aimer, assez heureuse pour être aimée de lui, elle doit lui sacrifier son existence tout entière, sans lui rien demander en échange. Telles sont, pe- lo tite fille, mes idées sur les artistes en général et sur monsieur Hubert en particulier. Tu n'es pas tout à fait d'âge à les comprendre : mieux vaut même que tu ne les comprennes jamais.

La vie ne t'a encore rien demandé ; tu es jeune, 15 tu es riche, tu épouseras un homme de ton choix et tu seras une bonne épouse et une heureuse mère, pendant que d'autres subiront leur destinée comme Dieu l'aura voulu. Quels yeux tu ouvres !

Math. Je t'écoute. 20

Élisa, V embrassant Ferme les yeux alors, j'ai fini. Qu'est-ce que tu tiens là?

Math. Ce sont les comptes de la semaine, c'est la note du boucher, du boulanger...

Élisa. Eh bien, fais tes comptes ; il faudra que tu «5 saches compter, si tu épouses ton cousin.

Math. Qui t'a dit?

Élisa. Moi aussi, j'ai des yeux, et je vois.

Math. Où vas- tu?

La Question d'Argent ^ Acte i, Sc. ix, z

ÉusA. Je vais me coucher.

Math. Reste donc un peu.

Élisa. Tu voudrais me faire causer, mais c'est inutile ; je ne veux rien savoir et je ne veux rien dire. D'ailleurs, voici ta mère. 5

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