Acte II, Se. vui ^ La Question d'Argent
as ton cœur comme tout le monde; tu es jeune, intelligent, de bonne famille, franc et loyal, il ne te manquera donc qu'une chose : Targent. Tu es fier, tu as raison de Têtre; si tu aimais une fille pauvre, tu ne le lui dirais pas, car tu ne serais 5 pas assez riche pour la rendre heureuse.
René. C'est vrai.
Math. Si tu aimais une fille riche, tu le lui cacherais, pour ne pas même être soupçonné d'un calcul. Si tu étais riche, tu aurais peut-être pensé 10 à m'aimer, tu m'aimerais peut-être ; je serais peutêtre heureuse. Tu vois que je ne suis plus tout à fait la petite cousine. Juge, par l'émotion que tu éprouves en ce moment, de celle que tu éprouverais s'il te fallait renoncer à une femme que tu 15 aimerais parce qu'elle serait plus riche que toi. Eh bien, puisqu'il n'y a entre toi et ton bonheur à venir qu'un obstacle d'argent, fais ta fortune ; cela doit être &cile, il y a tant de sots qui s'enrichissent. 20
Jean, comptant toujours. Six mille quatre cent cinquante-deux francs quinze centimes.
René. Tu as raison.
Math. Tu te mettras à l'œuvre?
René. Dès demain. 25
Math. Et, quand tu seras heureux plus tard, tu te rappelleras que c'est à la petite cousine que tu le dois. Maintenant, donne-moi la main, embrassemoi bien fort, et, quoi qu'il arrive, comptons tou- [64]
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jours Tun sur Tautre. (// embrasse Mathilde sur Ufront) Jean. Ah çà! ce gaillard-là embrasse tout le monde.