Acte IV, Se. iii -*6 La Question d'Argent
Élisa, se jetant dans ses aras. Ma bonne petite Mathilde !
Math. Que t'arrive-t-il ! Je ne veux pas que tu sois malheureuse ; et moi qui ne devine pas que tu as un chagrin ! Voyons, qu*as-tu ? que veux tu 5 que je fasse? Ne veux-tu plus épouser monsieur Giraud ? Je le lui dirai, si tu n'oses pas le lui dire. Je vais aller chercher ton père, je lui parlerai, moi.
Élisa. Mon père n*est pas ici; il s'occupe de tous les préparatifs de ce mariage qui se fera, qui 10 doit se faire.
Math. Mais pourquoi pleures- tu?
ÉusA. Ce n'est rien ; j'ai mal aux nerfe ! Je suis ainsi depuis quelques jours. Ce brusque changement de position, ces faux témoignages de sym- 15 pathie qui m'arrivent de tous côtés, les souvenirs de mon passé que toi-même as évoqués un jour devant moi, une sensibilité trop grande, surexcitée par ces derniers événements, tout cela ressemble au chagrin et me donne par moments des envies 20 de pleurer. Affaire de nerfs, je te le répète ; tu vois, c'est passé. Cela m'a fait du bien, de pleurer un peu. Tu as eu une idée excellente ; comme tu seras gentille en mariée !
Math. Oui... oui... je serai très gentille. 25
Le Domestique, annonçant. Monsieur René de Charzay.
Math., faisant un mouvement vers la porte. Il arrive bien.
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La Question d'Argent 9«- Acte iv, Se. iv
ÉusA, essuyant ses yeux. Silence ! {A Maihiide.) Je te défends... je te prie de ne lui rien dire.
Math., la regardant C'est bien... sois tranquille.
René, entrant Bonjour, Mathilde... Ta mère t'attend en bas pour s'en aller avec ton ftère qui 5 vient la chercher.
Math. Gustave est là?... Je m'en vais... Viendrastu nous voir, maintenant que tu es revenu à Paris?
René. Certainement. xo
Math., à Èiisa. , A bientôt. {A René.) Je ne te dis pas adieu, alors. {Elle sort)