‹ La question d'enseignement en 1789 d'après les CahiersChapitre 10 sur 112 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

I. Nombre des écoles, écoles mixtes. — I!. Dotation. — III. Gratuité et obligation. — IV. Capacité et traitement dos maîtres et maîtresses. ~ V. Écoles normales. — YI. Programme.

Très préoccupés en tous temps des intérêts de renseignement secondaire, nos pères s'étaient pénétrés, surtout dans les dernières années de l'Ancien régime, de l'importance extrême de l'instruction populaire pour le bien de la société et la prospérité de l'État. Il faut ignorer absolument les faits ou être résolu à les dénaturer pour affirmer, comme on l'a fait si souvent en ce siècle, qu'à la Convention revient l'honneur d'avoir découvert et proclamé la nécessité de l'enseignement primaire et d'avoir, la première, pris des mesures efflcaces pour la mettre à la portée de tous.

L'Ancien régime avait parfaitement compris qu'éclairer les masses était un sûr moyen d'assurer à 1§l nation de précieux éléments de civilisation et de prospérité. A la vérité, le gouvernement ne fondait pas d'ordinaire les écoles lui-même; il laissait pour cet objet comme pour bien d'autres, la plus large part à Tinitiative privée, maisil s'appuyait sur la bonne volonté de tous, l'encourageait et la stimulait, se réservant d'intervenir directement quand il était nécessaire (1).

(1) On trouvera la preuve de ces assertions dans mon livre,

Le concours empressé de tous les ordres de la société, du clergé d'abord, puis des seigneurs de paroisse, de la haute bourgeoisie, des corps municipaux ne lui avait pas été marchandé, et c'est par milliers qu'on peut compter, à l'aide de documents d'archives, les petites écoles fondées en toutes nos provinees, dans la seconde moitié du xvm® siècle (1).

Tout n'était pas fait assurément : bon nombre de paroisses manquaient d'écoles, les établissementsetle matériel laissaient singulièrement à désirer, la condition des maîtres appelait des améliorations; mais le progrès s'accentuait de toutes parts et nulle œuvre n'était plus populaire. L'étude des Cahiers le prouve surabondamment. J'en ai trouvé près de deux cents cinquante où toutes les questions concernant les petites écoles sont discutées, souvent avec de longs développements et sous tous leurs aspects, toujours dans le sens de la diffusion la plus large et la plus généreuse de l'enseignement dans les masses.

Que de fois a-t-on écrit et à combien de gens a-t-on fait croire que la Convention a émis, pour la première fois, l'idée d'établir dans toutes les communes des écoles élémentaires pour les deux sexes ? Or, cette idée nous la trouvons dans les cahiers des trois ordres, exprimée avec une netteté singulière et reprise sous toutes les formes qu'elle était susceptible de revêtir. Je pourrais remplir de longues pages en transcrivant bout à bout tous ces vœux oii respire l'amour du peuple et se fait jour le désir ardent de l'éclairer. Je dois me contenter de citer quelques textes choisis parmi les plus caractéristiques et de dresser avec exactitude la nomenclature des cahiers où j'ai pu relever des demandes ayant cet objet. (2)

V Instruction primaire en France avant la Révolution. Paris, 1881, in- 12, ch. VIII.

(1) Cf. laid., ch. IV, IX, x, xi.

(2) Voici le résultat de la minutieuse enquête à laquelle je me suis livré sur ce point :

« Les détails de Téducation des enfants de la campagne, disent les ecclésiastiques de Beauvais, méritent

a. Vœux généraux plus ou moins vagues : C. Forcalquier, Libourne, Haut-Limousin, Metz ; — N. Auxerre, Gaen, Bar-sur-Seine, Orléans, Paris intra-muros j Saintes, Saint-Mihiel ; — Ta. Flandre Maritime, Paris intra-muros; — Tb. Châteaufort, La Houssaye, Liverdy-en-Brie.

6. Multiplier les écoles : C. Anjou. Goutances ; — Ta. Sézanne et ClïâiiUon-sur-Marne;— Tb. Guibeville, Longpérier, Rouvres-sous- Dommartin, Yilliers-sur-Marne, Saint-Maurice-Montcouronne. c. Établir des écoles dans les pat^oisses considérables : G. Ponthieu. e/. — dans les paroisses où elles seront jugées nécessaires :

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