VŒUX DU CLERGÉ [A. BESANÇON — BLOIS
utiles à Téglise qu'autant que les ecclésiastiques formés dans les universités ont un mérite et des talents supérieurs à ceux qui font ailleurs leurs études, nous supplions Sa Majesté de faire des règlements pour que les privilèges des gradués ne soient point un abus. Ces privilèges devraient, entre autres choses, être restreints aux grades pris en théologie et en droit canon (II, 374).
86. Les unions aux établissements utiles, tels que séminaires, collèges, méritent la plus grande faveur. Nous demandons que la loi veuille bien mettre celles faites depuis plus de cent ans sous sa sauvegarde, en les soustrayant aux recherches avides des dévolutaires(i)(II, 375).
87. La dotation des séminaires doit intéresser vivement tout le Clergé, et c'est dans cette dotation que nous désirons que les enfants des familles pauvres puissent parvenir au sacerdoce, sans être à charge à leurs familles. — L'éducation des séminaires pourrait devenir plus utile si les personnes qui les gouvernent réunissaient la pratique à la théorie. C'est dans cette vue que nous désirons qu'on ne choississe pour mettre à la tête de ces établissements, autant que faire se pourra, que des maîtres qui aient exercé le saint ministère au moins durant quelques années {Ibid),
88. Nous sollicitons de la bonté et de la piété du roi une protection particulière sur les ordres religieux de l'un et l'autre sexe. L'État ni le Clergé ne peut oublier les services qu'ils leur ont rendus, qu'ils rendent, et qu'ils rendront encore, principalement pour le service de rÉglise et Téducation de la jeunesse {Ibid),
89. Convaincus que nous sommes de la grande influence de l'éducation publique sur la religion, les bonnes mœurs et la prospérité de l'État, nous désirerions que l'instruction publique fût absolument gra-
(1) Genx qui reYondiqnent certains bénéfices en se fondant sur rineapacité des titulaires à les poaséder.
i54 LA QUESTION D'ENSEIGNEMENT EN 1789.
tuite, tant dans les universités que les collèges des provinces; que les collèges des provinces fussent confiés par préférence, à différents corps réguliers; que plusieurs corps réguliers qui ne se sont point encore occupés de Tinstruction de la jeunesse, y fussent appliqués, pour se rendre, par là, plus utiles à l'État; que dans les villes trop peu considérables pour avoir un collège, il y ait au moins un ou plusieurs maîtres, suivant l'importance des lieux, qui puissent enseigner les premiers principes de la latinité ou des humanités et que leur dotation fût suffisante pour que l'instruction fût absolument gratuite; que cette instruction fût soumise à l'inspection des curés et des officiers municipaux; que tout sujet qui voudrait être admis à enseigner, fût obligé de produire des attestations de vie et mœurs, el faire preuve de capacité, par un examen subi devant le principal et les professeurs du collège le plus voisin ; que les maîtres de pension ne pussent employer comme sous-instituteurs des sujets venus d'ailleurs, sans que lesdits sujets eussent déjà exercé le même emploi, au moins pendant deux ans, dans le lieu où ils auraient fait leurs études et sans qu'ils fussent munis d'attestations et reconnus capables par la voie de l'examen, comme il est dit ci-dessus (II, 376).
90. Que pour faciliter l'éducation des filles, les communautés religieuses, quelque fût leur institut, fussent tenues d'ouvrir une école publique et gratuite en leur faveur, sous l'inspection des curés (II, 378).
Bordeaux. — 91 . La chambre ecclésiastique (1), voudra bien s'occuper de l'éducation publique et donner un plan général qui puisse remédier à la décadence des mœurs et des bonnes études (II, 393).
9i. Il est nécessaire d'assurer dans chaque diocèse, des moyens d'éducation gratuite pour les pauvres clercs
BOULAY. — 93. (Le Clergé) supplie Sa Majesté
(1) C'est-à-dire Tordre du Clergé aux États généraux.